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en 1769, Comala, par J. J. Eschenburg, jouée a Brunswick; en 1777, Fingal et Daura, dont 1'auteur signe Ryno; en 1780, Darihula, tragédie par Saam, jouée a Vienne; en 1782 et 1783, Fingal d Lochlin et Inamorulla, drames en cinq actes en prose, avec quelques chants lyriques en vers, par Wachsmuth, deux et trois fois réimprimés; et encore en 1802, Sulmora, cinq actes en prose par Harold. En Italië, on trouve deux tragédies, la Calto de Salvi (1778) et la Clato de Casarini (1804); sans compter qu'une oeuvre plus intéressante, VArminio de Pindemonte (écrit en 1797, publié en 1804), devait beaucoup a Ossian. En France, il faut attendre la tragédie d'Arnault, Oscar, fils d'Ossian (1796); 1'auteur, qui parait tout ignorer des essais faits a 1'étranger, déclare hautement qu'il a voulu créer un genre nouveau. En réalité, sa pièce, qui fut fort bien jouée par Talma et qui eut un certain succès, n'est pas trés ossianique; si 1'on retire les noms et quelques détails de couleur locale, c'est tout a fait une tragédie classique épicée de quelques allusions politiques: Oscar et Dermid ont vu la Révolution francaise. Ossian, au théatre comme ailleurs, est adopté par le classicisme et vient le renforcer au lieu de 1'attaquer. La pièce d'Arnault fut traduite en suédois dans le troisième volume des poèmes d'Ossian (1800), et jouée neuf fois au Théatre Royal de Stockholm, de 1801 a 1804. Ossian y voisinait avec quelques éléments scandinaves; cette fusion parfois artificielle était bien plus notable encore en Angleterre a la même époque: elle succédait a l'ossianisme pur des pièces citées tout a 1'heure.

Ce caractère mixte domine dans la plupart des pièces de ce genre écrites vers la fin du siècle. En Angleterre, les Esquisses dramatiques de la mythologie du Nord de Fr. Sayers (1790), que j'ai étudiées plus en détail dans le travail sur le scandinavisme dans la littérature européenne auquei j'ai déja renvoyé, contenaient deux pièces, Moina et Storno, dont les personnages sont ossianiques et qui se passent en Grande-Bretagne. De même le „drame lyrique" de W. Richardson, La Vierge de Lochlin, paru dans ses Poems and Plays (1801). Dans ces cinq actes toute la mythologie est scandinave, mais les noms et 1'action sont tirés d'Ossian: a cóté de Frea, Braga, Balder, on y rencontre Starno, Fingal, Ullin, Agandecca. L'ère de la tragédie ossianique se clót a peu prés avec le Fingal d'Ozérof (1803), dont 1'auteur russe a fait une tragédie voltairienne de plan, de goüt et d'opinions, car on y est déiste: Fingal profeste contre le culte d'Odin, contre les prêtres, et il faut tout son amour pour Moïna pour Ie faire consentir au mariage religieux.

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