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récent i). On peut appliquer la même méthode avec plus d'ampleur a l'influence d'Ossian sur la littérature européenne dans son ensemble: certains aspectsi et non les moins importants, apparaissent alors en pleine lumière; surtout au XVIIIe siècle, lorsqu'Ossian est encore assez nouveau pour paraitre instructif et intéressant pour la raison en même temps que sympathique au cceur.

Pour comprendre quelle impression il a faite le plus souvent sur ses premiers lecteurs, il faut se reporter aux volumes primitifs deMacpherson, aux deux in-quarto de 1762 et 1763 qui contenaient Fingal et Temora. Les 'poèmes y étaient précédés de Iongues et savantes Dissertations, introduits par des sommaires et des indications critiques, complétés par de nombreuses et Iongues notes géographiques et historiques, pleines de rapprochements et de discussions, et dont plusieurs inséraient des morceaux différents et même des poèmes entiers. II n'était presque jamais question la-dedans de littérature et de poésie; on y trouvait quelques vues morales sur les vidssitudes de 1'esprit humain a travers les ages, une vague philosophie de 1'histoire, étroite et dédaigneuse, qui rangeait 1'auteur parmi les partisans déddés de 1'age des lumières, et surtout des vues historiques et géographiques sur les Calédoniens, sur leurs rapports avec les Germains, avec les autres Celtes, avec les Irlandais en particulier, sur leur histoire ancienne et leurs mceurs. Macpherson cherche i établir solidement son Ossian écossais, non irlandais - il se moque longuement et lourdement des poèmes irlandais du moyen age a le situer dans 1'histoire, a le rattacher au plus grand nombre possible de faits authentiques ou plausibles. II s'efforce deson mieux a construire, avec les matériaux plus que médiocres dont il dispose, un édifice ossianique qui soit a 1'épreuve du doute et de la discussion. Dissertations, sommaires, notes, tout cela est destiné a donner 1'impression d'un monument historique inédit, et cependant en rapport avec ce qu'on connait déja, d'une authenticité indiscutable et d'unevaleur, par suite, considérable. La même impression se dégage de la traduction de Denis, en partie de celle de Cesarotti, et surtout de celle de Le Tourneur, dont le Discours Préliminaire et les notes, tout en abrégeant ou en remaniant le texte de Macpherson, vont dans le même sens et produisent le même effet.

1) P. Van Tieghem, Ossian en France (The French Qaarteriy, Vol. I, Nos. 2 et 3, 1919).

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