Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

insistant seulement sur ceux qui n'ont pas -jusqu'ici attiré 1'attention. On comprend d'ailleurs qu'ils aient été, moins que les idéés morales et littéraires inspirées par Ossian, 1'objet de dissertations et de commentaires: les contemporains, même les écrivains, les faisaient passer dans leurs ouvrages plutót qu'ils ne les notaient séparément

J'ai déja indiqué au commencement de cette étude la nouveauté et les caractères du paysage ossianique. Or les poèmes paraissent juste au moment oü dans toute 1'Europe les yeux s'ouvrent enfin a la beauté des paysages et 1'ame aux émotions qu'ils inspirent. Après les descriptions encore conventionnelles et idylliques de Thomson, de Klopstock et de tant d'autres, voici qu'avec les lettres de voyage de Gray, avec Rousseau surtout et Bernardin de Saint-Pierre, avec Goethe, avec Förster, la vraie nature apparait. Ossian apporte une note tout a fait nouvelle et trés différente de celle de Rousseau. Son paysage est grand, monotone et stérile. On quitte les sites riants et les aspects familiers pour rêver a de vastes contrées nues et austères, peuplées de brouillards et de nuages. Ni Laprade ni Biese, qui ont écrit 1'histoire du sentiment de la nature chez les modernes, ni personne, je crois, n'a remarqué que pour plusieurs des plus grands poètes ou écrivains européens, le paysage ossianique a été le premier asile de leurs rêves, et 1'Italie le second. Ainsi Herder, Goethe, Chateaubriand, Byron et Lamartine. Tous les cinq ont d'abord habité Morven en pensée, puis le séjour en Italië leur a offert des tableaux tout différents qui ont remplacé les premiers.

Le ciel et les astres prennent dans le paysage ossianique une place prépondérante. Nous avons vu combien des morceaux les plus célèbres sont consacrés au soleil, a la lune et aux étoiles. Cette poésie sidérale a été 1'une des grandes nouveautés d'Ossian. On avait déja chanté en vers le soleil et ses bienfaits; mais il suffit de comparer le fameux début du livre III du Paradis Perda et l'hjmuie_au_jQl£il qui se trouve dans YEte' de Thomson avec les morceaux analogues . d'Ossian pour apercevoir combien celui-ci prêtait davantage au sentiment et a la rêverie. Quant a la lune, Ossian parait avoir été soii véritable introducteur dans la poésie moderne, oü elle devait jouer un si grand róle. De même pour les étoiles, et surtout pour 1'étoile du soir ou du berger, dont le début des Chants de Selma exprimait le charme poétique d'une manière si heureuse que les plus grands poètes n'ont pu que le répéter. Dès 1'apparition d'Ossian, ces morceaux excitèrent la plus vive, la plus débordante admiration.

Sluiten