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en 1814, et fondé comme le premier Empire francais, „sur les ruines d'Etats jadis indépendans et heureux, agrandi par des provinces arrachées k d'antiques Monarchies, soutenu au prix du sang, de la fortune et du bien-être d'une génération entière"1). Fidéle h ce systèmo exécrable tombé aux applaudissements des meilleurs patriotes de l'Allemagne, la Prusse ce semble, désirerait aujourd'hui s'incorporer également des peuples étrangers a 1'esprit prussien, des peuples que des siècles de domination ne fondraient pas dans la nation prussienne. Comme Bonaparte pour la France, elle voudrait obtenir des dimensions incompatibles avec 1'établissement dun système d'équilibre, et hors de toute proportion avec les autres grands corps politiques en Europe. Elle voudrait obtenir des positions et des points offensifs, au moyen desquels son gouvernement serait a même a tout moment, d'opérer des bouleversements en France ou ailleurs. Se substituant a 1'astre du premier Napoléon, elle cherclierait a régner sur 1'Europe, et redoutable a ses voisins en semant la discorde, ou bien par la force des armes, elle deviendrait partout et a tout propos, 1'arbitre des rapports intérieurs et du sort des puissances continentales.

Ce que 1'Europe jusqu'a la bataille de Leipzig a enduré en frêmissant, grace a la fête commémorative de la délivrance nationale, elle n'a pu 1'oublier. Mais, ce que h bon droit 1'on a flétri dans 1'odieuse politique de la France révolutionnaire ou impériale, soi-disant libératrice des peuples étrangers, sans doute on ne le permettra point aujourd'hui a la Prusse conquérante, si victorieuse et si fiére qu'elle soit de ses incroyables succès.

UTRECHT, 9 Octobre, 1870.

') V. la Déclaration des Puissances alliées, sur la rupture du Congres de Chatillon-sur-Seine, 16 Mars 1814. Ch. do Martens, Guide diplomatique, II. 9-14.

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