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on serait astreint au service durant douze ans, dévolus exclusivement au Roi de Prusse sans la moindre coopération de ces Princes devenus ses vassaux; des impöts écrasants; la législation entière modifiée dans 1'intérêt prussien, et 1'autonomie des Etats du Midi annihilée ou détruite, c'est la la perspective déplorable que dans son franc parler d'honnête et loyal Souabe') M. Mohl fait entrevoir a ses concitoyens, abusés par 1'esprit de parti. — Quant aux souverains qui dans leur fatal aveuglement, en transigeant avec leurs devoirs, se laisseraient médiatiser et ravilir a la triste condition de préfets couronnés, ne finiraient-ils point par lasser la patience de leurs peuples opprimés et exploités sans merci ni miséricorde, et par les pousser eux-mêmes dans les voies et les exces de la République?

Puisse ce cri de la conscience retentir dans les Etats libres du Continent, et jusque dans le Conseil des grandes Puissances!

UTRECHT, 10 Octobre, 1870.

XII.

Si grands que soient les désastres de cette guerre destructive, la situation de la France n'est pas désespérée. La bravoure de ses enfants, quelque indisciplinés qu'on se les représente, lui vient en aide a chaque instant et en tout endroit; mais ce qui vaut infiniment mieux, le courage moral et civique, les vertus de la magistrature, inspirée de 1'exemple des Harlay et des Mole, des d'Aguesseau et des Henrion de Pansey, se montrent a decouvert hardiment, sous le sabre des Prussiens. — Impressionnés que nous sommes de la triste nouvelle, qui nous annon^ait hier la perte d'un homme de bien, citoyen éminent de la Hollande, et dont 1'austère franchise, 1'intrégrité et la rigidité inébranlable de

') Nee temere nee timide, la devise du vieux Moser, 1'aïeul de M. Mohl.

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