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nous permettrons d'ajouter, que pour 1'honneur des Puissances commc pour lo repos des peuples, pour raviver le sens moral, il est d'une importance majeure de rompre entièrement avec le passé, et de faire oublier toutes les relations plus au moins intimes, qui ont subsisté entre les Princes et eet homme de malheur.

II se peut fort bien, que ces considérations fassent hausser les épaulos aux grands politiques, admirateurs du succes et des faits accomplis; pour nous, avant tout, nous croyons devoir nous acquitter d'un devoir sacré. II nous répugne d'imputer a la Nation fran^aise, enchaïtiée et baillonnée depuis 1851, les perfidies dont elle ne saurait être responsable, et qui jusqu'au mois de Juillet dernier, n'ait eu pour auteur que le tyran parvenu et ses instruments, cajolés trop longtemps par tous les Cabinets de 1'Europe. — Bien loin donc de mériter le supplice, que le Roi de Prusse voudrait infliger a la France en lui arrachant 1'Alsace et la Lorraine, il y aurait une iniquité palpable a lui imposer un pareil sacrifice, — tandis que le vrai coupable, choyé et dorloté, se voit 1 objet des attentions les plus délicates et empressées.

A voir 1'antipathie si prononcée des Luxembourgeois, dont 1'esprit public s'est réveille tout-a-coup au seul soupejon d'une incorporation plus ou moins prochaine a la Prusse ou a la Confédération du Nord de 1'Allemagne, il n'est pas difficile de se représenter 1'aversion des Lorrains et des Alsaciens contre ce régime, dont ils ne supportent le joug qu'en frémissant. Puisse enfin la voix de la vérité réduire au silence les cris de vengeance et de rancunes implacables. Après la capitulation de Metz, les Cabinets neutres s'interposeront-ils enfin sérieusement et efficacement pour arrêter le carnage ? Ou bien 1'ombre du grand Frédéric, saturé de victoires et de conquètes, va-t-elle présider enfin au Conseil de son neveu, le Roi Guillaume ? Sans doute, c'était bien moins le souvenir de 1'annexion de la Silésie et des provinces polonaises, que 1'esprit de modération et la sagesse du hérospacificateur qui au déclin de ses jours, signalaient le grand monarque a 1'admiration de 1'Europe. Plaise a Dieu, que la gloire éternelle d'une paix, fondée sur des bases équitables et spontanément accordées par un Prince magnanime, luise enfin aux

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