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mandant de „la Bayonnaise"; il visitera tous les monuments, tous les lieux de plaisir de la capitale. En Hollande il rendra visite a ses parents et ses amis, de même qu'aux parents et amis de ceux qu'il a connus a Menado ou a Ambon; il s'acquittera des commissions dont on 1'a chargé. Minutieux comme il sait 1'être, il a arrêté a 1'avance la liste d'habits et d'effets de linge qu'il lui faudra acheter a son débarquement; il discute la couleur des cravates et le nombre de mouchoirs comme s'il était déja dans la boutique du marchand. Et toujours également bon, il s'ingénie a rapporter a chacun ce qui pouvait plaire. A 1'un, un service a thé en argent, a 1'autre une pièce de soie brodée dor; ses neveux recevront des montres en or ou en argent; il note jusques aux friandises pour les tout petits; les tantes d'Everdine ne sont pas oubliées; il apporte aux deux vieilles filles des robes de soie. De tous ces petits papiers, écrits et raturés de sa main, avec lesquels on sent que Dekker aimait a prendre patience, se dégage le bon parfum de tendresse d'un brave homme qui cherche son bonheur en travaillant a celui des autres.

II y avait cependant dans son désir de revoir 1'Europe plus que de la curiosité superficielle. Dekker tient a savoir sa valeur dans le monde. II sait qu'il est parmi les tout-premiers aux Indes, mais il sait aussi que dans le pays des aveugles les borgnes sont xois. II goüte peu les romanciers du jour et préfère a leurs oeuvres ses propres éorits, est-ce lui, est-ce 1'opinion publique qui se trompe ? Et 1'opinion publique, qu'est-ce? Sont-ce quelques critiques, quelques journaux, qui dictent a la foule ses arrêts, ses enthousiasmes, ses haines! La foule, celle des révolutions, qu'est-ce ? Dekker ignore la société européenne, ses mceurs, ses traditions, ses passions. II était trop jeune quand il s'embarqua pour 1'avoir pu deviner et aux colonies il n'avait pu 1'apprendre, a une époque oü les journaux et les revues ne pénétraient point et dans un pays oü la conduite de la chose publique semblait le métier de quelques uns et non la mission de tout le monde. Comme beaucoup de coloniaux qui s'expatrient trop tót, son évolution européenne s'était arrêtée au jour de son embarquemant et une mentalité coloniale s'était superposée aux traditions familales. Ils dédaignent 1'Europe, ces déracinés parvenus;

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