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Je passay tous les troubles a un mois pres. Mon mary estant de retour, et voyant que nostre gain ne pouvoit satisfaire a nostre despence, je fis ce que je pü pour le taire résoudre a ce qu'avec passeport nous allassions a Tours d'oü il estoit, pour ce que mon père et ina mère estoient morts1), lesquels auparavant nous n'avions pas voulu quitter. Nous n'y fusmes que quinze jours que ceste ville ne fust réduite a 1'obeyssance du Roy2).

Nous revinsmes donc. Une honneste femme, qui m'avoit accoucheé de mes enfants, qui m'aymoit, me persuada d'apprendre a estre Sage-femme, et que si elle eust s?eu lire et e'crire comme moy, qu'elle eust fait des merveilles; que le coeur lui disoit que si je 1'entreprenois, je serois en peu de temps la première de mon estat; que mon mary, qui avoit demeuré vingt ans en la maison de feu Maistre Ambroise Pare', premier Chirurgien du Roy3), me pourroit beaucoup apprendre. Je ne m'y pouvois résoudre quand je pensois a porter des enfans au baptesme. En fin, la crainte que j'eus de voir de la necessité a mes enfans, me le fit taire. Je me mis a estudier dans Paré, et m'off'ris a accouclier la femme de nostre crocheteur, et 1'accouchis

1.2U0 liv.) Augustine Melluet, dite la Picarde, seconde nourrice (Gages: 600 liv.). C'est donc d'une de ces femmes dont Louise Bourgeois entend parler.

*) Charles Bourgeois, le père de notre sage-femme, mourut a l'aris le 26 juillet 15S9, et fut inhumé dans le cimetière de SaintA ndré-des-A rts.

2) 21 novembre 1589.

•') Ambraise Paré, le plus illustre des chirurgiens du XVIe siècle mourut le 22 décembre 1590, et fut enterré daus 1'église SaintAndré-des-Arts.

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