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Voilii donc, dans un laps de temps de 150 ans, le même sujet traité par ciuq artistes néerlandais. II a existé certainement un motif pour cela, mais je n'ai pas réussi a découvrir lequel. Un moment j'ai cru pouvoir deviner que 1'on se montrait spécialement a Harlem pen empressé a reconnaitre ce que 1'on devait a 1'art médical, puisque c'est dans «la ville des fleurs" qu'ont été publiées les estampes, non seulement de Goltzius, mais aussi de Geile, et que ce n'est pas loin de la, ïi Amsterdam, que les estampes de Van Vianen ont été éditées. Mais je ne pus m'arrêter a cette pensée, en considération des deux peintres qui ont fait usage de leur palette pour faire honte a leurs concitoyens d'une de leurs faiblesses, pour ne pas dire d'un de leurs vices; et je me demandai si je 11e me trouvais pas en présence d'un trait du caractère de mes ancêtres, qui m'était resté inconnu jusqu'ici. Mais alors, me dis-je, poètes et prosateurs ne pourraient pas avoir laissé ce sujet entièrement de eóté; 011 devrait nécessairement y trouver des allusions dans notre riche littérature entre 1587 et 1750. Celle-ci cependant n'en a pas tracé. Je m'en réjouis grandement, car j'y vois la preuve qu'il ne s'agit pas d'une maladie endémique propre a mon pays. Bien plus, les recherches auxquelles je me suis livré m'ont clairement fait voir que les phénomènes moraUx satirisés par nos artistes, se sont fréquemment rencontrés en debors de nos frontières, tout en donnant lieu a des manifestations différentes de celles qui viennent de nous occuper.

J'ai me donc a croire que le monde médical n'en voudra pas a un médecin néerlandais, d'avoir tixé 1'attention de ses collègues et de tous ceux qui s'intéressent a 1'iconographie médicale sur ces satires, dont 1'idée, les quatre phases, et la manière d'expression sont probablement spécifiquement hollandaises.

En etfet, quant a ce dernier point, je n'ai pu constater qu'un seul cas dans lequel, hors des Pays-Bas, ce sujet ait été mis en image. C'est dans 1'ouvrage intitulé: Die Deutschen Stammbiicher de-s XVI. bis XIX. Jahrhunderts von 1!. und R. Keil. (Berlin 1893), oü, comnie on le sait, se trouve une description de la célèbre collection de Weimar. J'y ai rencontré les détails suivants, fort intéressants a mon point de vue.

Les auteurs ont vu dans un album d'Altdorf une page non datée, dessinée par un médecin, avec le titre Aesculapius Trifrons, représentant un médecin tenant un verre d'urine et possédant trois têtes; 1'une est celle d'un homme jeune a longs cheveux, la seconde celle d'un C'hrist, et la troisième celle d'un diable tres luid, qui tire la langue. Sous le dessin 011 lit:

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