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Criminalité et conditions économiques

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chaque non-possesseur qui ne peut travailler, soit que les forces nécessaires pour travailler lui manquent par suite de maladie ou de vieillesse, soit qu'on ne fasse pas de demande de travailleurs, 1'oblige a aller mendier et vagabonder et 1'empêche finalement ainsi pour toujours de pouvoir retourner a la vie régulière. On pourrait prouver par maints exemples que le prof. Tarde exagère ainsi 1'étendue de la sphère d'influence de 1'imitation. II ne faut pas non plus perdre de vue que 1'imitation ne nous apprend rien des causes essentielies d'un phénomène social. En recherchant les causes d'une maladie de quelqu'un on verra parfois qu'elle est la conséquence d'une contagion ; on saura donc que la maladie qui 1'a produite est contagieuse, et cette connaissance pourra nous indiquer les précautions a prendre pour restreindre ou empêcher 1'extension de la maladie; mais quant aux causes de la maladie même, on n'en sait encore rien.

De même pour ce qui concerne le crime. II est certain que les idéés et les coutumes immorales sont facilement contractées par des enfants. L'enlèvement des enfants a un milieu nuisible est donc un moyen préventif contre 1'extension du crime. Mais nous ignorons encore tout ce qui concerne la genese de ces idéés et coutumes immorales, ce qui est pourtant 1'essentiel.

A propos des observations de 1'auteur sur 1'influence du travail, de la richesse, de la pauvreté et de la civilisation, je fais remarquer seulement que ces questions trés importantes et trés compliquées n'occupent que quelques pages dans son ouvrage. II serait donc bien superflu de relever tout au long que 1'ensemble a été traité d'une manière trés incompléte, quoiqu'on y trouve des observations trés justes, (p. e. celles sur la mauvaise répartition du travail, et sur le désir de s'enrichir comme causes du crime etc.).

Outre dans un article paru dans la „Revue Philosophique" (1890), intitulé „Misère et Criminalité", le prof. Tarde a repris son sujet dans un rapport: „la criminalité et les phénomènes économiques" (5e Congrès d'Anthropologie Criminelle a Amsterdam). C'est de ce rapport que nous communiquerons un résumé.

Depuis que, d'après le prof. Tarde, il a été reconnu que les facteurs sociaux de la criminalité sont les plus importants, il y a une tendance manifeste a exagérer 1'influence des facteurs économiques. Leur haute importance, qui est incontestable, ne justitie pas du tout 1'oubli de 1'action plus forte ou plus décisive des croyances et des sentiments dans les aberrations de la volonté. Laquelle des deux sources de la criminalité, 1'économique ou la religieuse (ou intellectuelle) est la plus importante? Cela n'est pas a décider. Mais il est beaucoup plus important de savoir dans quelles phases, de quels cötés la vie économique est criminogene.

Chaque phase économique, comme p.e. 1'économie domestique ou 1'économic urbaine a sa forme spéciale de criminalité. Mais les transformations politiques et rcligieuses, correspondant ou non aux transformations du mode de production, ont peut-être une part beaucoup plus grande dans la criminalité que les transformations économiques. L'économie domestique p.e. donne naissance a différents crimes dans lesquels aucun facteur économique n'est en jeu; ainsi p.e. 1'uxoricide.

Ni la seule pauvreté, ni la seule richesse n'est un éceuil a la probité.