is toegevoegd aan uw favorieten.

Criminalité et conditions économiques

Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

Cependant la raison principale pour laquelle le prolétaire ne jouit que peu des produits de la civilisation c'est que son intelligence n'y est pas préparée. Ses aptitudes n'ont pas été cultivées dans ce sens, car le capitalisme n'a développé chez un grand nombre d'hommes que les capacités du travail manuel au détriment des autres. Le Dr. Augagneur 1'a formulé comme suit dans son article déja cité: „La véritable cause de 1'alcoolisme est entièrement d'ordre intellectuel et moral: c'est l'insuffisance d'activité cérébrale, c'est 1'indigence, la détresse intellectuelle, le désoeuvrement mental.

Tout individu qui, sa besogne professionnelle achevée, est incapable de s'occuper d'autre chose que de cette besogne, est un terrain propice a ralcoolisme. Combien, en dehors de leur compétence technique, sont inaptes a penser, a comprendre, a exposer quoi que ce soit. Quand 1'ouvrier, après dix ou onze heures de travail machinal, sort de 1'usine, il est désorienté, il ne sait comment tuer le temps qui s'écoulera avant qu'il dorme: il boit.

Les jours de dimanche et de fctes, le travail ordinaire est supprimé, le travailleur s'en va le long des chemins, désemparé, sans but, embarrassé de sa liberté, et échoue fatalement au cabaret: les jours de repos sont des jours d'ivrognerie.

Notre société soufïre de ce désoeuvrement, de cette inaction intellectuelle, et c'est la la vraie cause de 1'alcoolisme. Le plus grand nombre de nous, dès que le métier n'est plus la pour faire agir les bras ou quelques cases du cerveau, ne savent plus que devenir. L'alcool est leur refuge, paree qu'il procure au système nerveux des sensations qui tiennent la place des idéés absentes." ')

C'est pour cela que 1'abus de l'alcool est le plus grand parmi les ouvriers non-qualifiés 2) et qu'il diminue partout oü les ouvriers commencent a s'organiser sur le terrain des syndicats et de la politique, ce qui mène a 1'amélioration de leurs conditions matérielies, morales et intellectuelles, en un mot partout oü le prolétariat est animé d'un idéal. Et c'est aussi parmi ces ouvriers qui prévoient 1'avenir de leur classe et savent ce qu'il y a a faire que se recrutent la plupart des ouvriers abstinents. 3)

II y a des gens qui soutiennent la thèse que la misère n'est pas la cause principale de 1'alcoolisme chez la classe ouvrière. Comme preuve ils disent que les ouvriers qui gagnent le moins (ouvriers agricoles e. a.) ne sont pas ceux qui boivent le plus, ensuite qu'une augmentation de salaire occasionne parfois une consommation d'alcool plus élevée. Ils se trompent pourtant. Ils perdent de vue que la plupart des ouvriers cultivateurs gagnent si peu qu'il leur est impossible de consommer régulièrement de l'alcool, qu'a cóté de la misère matérielle il y a une misère intellectuelle du prolétariat, et qu'un petit adoucissement de cellela n'amène pas simultanément une diminution de celle-ci. L'abus de

1) P- 75 — 76; voir aussi Colajanni o. c. p. 169—173; Grotjahn o. c. p. 289 —298; Verhaeghe »De 1'alcoolisation" p. 225 — 227.

2) Voir e. a. Roland Holst o. c. p. 534—535.

s) Voir k ce sujet e. a. K. Kautsky »Der Alkoholismus und seine Bekampfung" (Neue Zeit 1890 — 91 II); E. Vandervelde «Het nlkoholisme en de arbeidsvoorwaarden in België", p. 268, 271, 272, Roland Holst, o. c. p. 528—536.