is toegevoegd aan uw favorieten.

Criminalité et conditions économiques

Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

salutaire, tandis que 1'autre ne voyait que des exemples d'intempérance. II se peut que dans cette difïférence se trouve 1'explication du fait que le premier est resté tempérant tandis que 1'autre ne 1'est pas quoique tous deux vivent dans des milieux a peu prés pareils.

Mais supposé que le milieu soit et ait toujours été exactement le même pour un groupe de personnes, on verra alors que la tendance pour 1'abus de 1'alcool n'est pas la même pour chaque individu. Personne ne saurait le contredire, pourtant il est vrai que le milieu est cause de 1'abus de 1'alcool. Les différences individuelies font que 1'un est plus portc a 1'usage de 1'alcool que 1'autre, mais les circonstances expliquent pourquoi le premier est devenu alcoolique. Ces différences ne pourront non plus jamais expliquer pourquoi, dans une certaine période, 1'abus de 1'alcool est oui ou non un phénomène universel.

Les preuves sont évidentes. En examinant p. e. une période comme celle du capitalisme naissant en Angleterre, comme elle est décrite par Fr. Engels dans son oeuvre „Lage der arbeitenden Klasse in England", c. a d. une période, pendant laquelle la classe ouvrière se trouvait dans des conditions matérielies et morales trés désavantageuses, on remarque que les ouvriers, a de rares exceptions prés, appartiennent aux consommateurs d'alcool, qu'ils en abusent même. Depuis ce temps les conditions se sont améliorées. Le niveau moral et matériel s'étant élevé, ceux dont le penchant pour 1'alcool était le moins fort et qui avaient des qualités morales innées plus prononcées n'ont plus abusé de 1'alcool. A mesure que les conditions s'améliorent ceux qui sont plus faibles suivent peu a peu la même voie dans la tempérance. Cette observation peut encore être faite chez les groupes d'ouvriers non-organisés, parmi lesquels 1'abus de 1'alcool est généralement grand. Aussitót qu'ils commencent a s'organiser, et au fur et a mesure que leur organisation se développe, on voit que ce sont d'abord les plus intelligents etc., parmi eux qui deviennent tempérants, et qu'ils sont peu a peu suivis par les autres.

C'est un fait biologique que toujours et partout les hommes présentent des différences quantitatives; ce facteur constant qui ne donne aucune explication sur les changements que subit la société n'est donc pas d'une grande importance pour la sociologie qui, tout en en tenant compte, a pour tache d'expliquer ces changements.

Ce sont justement les changements qui, durant le cours des siècles ont eu lieu dans 1'usage des boissons alcooliques, qui démontrent que le milieu social est la cause principale de 1'alcoolisme.

Dans 1'antiquité on ne connaissait pas 1'alcoolisme. II est bien vrai que chez les Israëlites p. e. 1'abus de 1'alcool se présentait parfois, mais le fait qu'on n'y attachait point d'importance prouve que 1'alcoolisme proprement dit n'existait pas. ') Chez les anciens Grecs il ne se rencontrait non plus. A chaque repas et dans les réunions on buvait du vin coupé; inutile de dire que ces „symposia" n'étaient pas détestés mais au contraire trés appréciés par les Grecs. „Die Anschauung der Griechen fand im Rausch nichts Unwiirdiges, nur eine gewisse Beherrschung in der Trunkenheit galt als unerlasslich. Rohes, gewaltthatiges Benehmen war wie das Trinken ungemischten Weines Sitte der Barbaren und eines

!) V'oir Grotjahn, o. c., p. 5—12.