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Criminalité et conditions économiques

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on n'en parlerait pas tant et on ne le prêcherait pas. De nos jours nombreux sont les gens qui 11e demandent pas mieux que de voir les hommes agir en altruistes, mais ils prêchent dans le désert: leur souhait n'est pas réalité.

La société actuelle est pétrie d'égoïsme. Cependant, 1'égoïsme est moins violent, mais plus déguisé.

Avant de parler des causes réelles de 1'égoïsme et de 1'altruisme, il n'est pas superflu de tacher de résoudre la question: d'011 ces idéés inexactes ?

II n'est pas difficile, selon moi, d'expliquer comment il se fait que bien des hommes croient que partout et toujours le „homo homini lupus" de Hobbes ait été vrai. Les adhérents de cette opinion ont observé surtout les hommes vivant sous le capitalisme, ou ceux qui ont vécu durant la civilisation; leur juste conclusion a été que 1'égoïsme était le trait de caractère dominant de ces hommes, et ils ont choisi 1'explication la plus simple en disant que ce trait de caractère doit être inné.

S'ils avaient connu les périodes antérieures a la civilisation '), ils auraient remarqué que „homo homini lupus" est un phénomène historique, appüquable durant une période relativement courte -) et que par conséquent, il est impossible que 1'égoïsme soit inné a 1'homme. Ouelque grandes qu'aient été les modifications sociales durant la civilisation, le but principal des hommes a été, et est toujours encore a'acquérir des richesses personnelles et les hommes continuent a rester divisés en classes c. a d. en groupes, dont les intéréts économiques sont contraires. C'est pour cela que 1'examen des périodes antérieures est de si haute importance pour la sociologie.

Une interprétation erronée de la théorie darwinienne a aussi contribué a faire naitre 1'idée bizarre de 1'éternité du combat de tous contre tous. Dar win lui-même n'y est pour rien. Dans son „Origin of species" il dit en termes trés clairs que le combat entre les individus d'une même espèce n'arrive pas du tout dans chaque espèce: „ . . . . there must in every case be a struggle for existence, either one individual vvith another of the same species, or with the individuals of distinct species, or with the physical conditions of life." 3)

L'explication de la deuxiéme hypothése, celle de 1'évolution de 1'égoïsme vers 1'altruisme est plus compliquée. D'abord les faits cités a 1'appui ne sont pas nombreux, et ils servent plutöt a illustrer une théorie

') Morgan évalue 1'espace de temps entre le commencement de 1'existence de 1'humanité et la période moyenne de la barbarie a quatre cinquièmes de la durée totale de 1'existence de 1'humanité (p. 458 »Urgesellschaft"). La civilisation n'est donc qu'une période assez courte comparée aux temps depuis 1'apparition de 1'homme.

2) A comparer le passage suivant de H. S. Maine: » wherever we can

observe the primitive groups still surviving to our day, we find that competition has very feeble play in their domestic transactions, competition (that is) in exchange and in the acquisition of property. 'I'his phenomenon, with several others, suggests that Competition, that prodigious social force of which the action is measured by political economy, is of relatively modern origin" (o. c. p. 227 — 228).

3) p. 50. A comparer les p. 59—61 o. c. oü Darwin fait remarquer que la oü les individus de même espèce se combattent, la iutte est le plus acharné.