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Criminalité et conditions économiques

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a ne pas écorcher leurs clients. Partout oü la concurrcnce est exclue pour 1'une ou 1'autre raison la tactique du commercant se montre a nue: il ne songe qu'a son propre bénéfice, même au détriment de celui avec lequel il est en relation: „Point de commerce sans tricherie" est une expression proverbiale (des consommateurs), et, chez les anciens, Mercure, dieu du commerce, était en même temps celui des voleurs. Cela est vrai en tant que le commercant et le voleur se rencontrent dans le même sentiment celui de prendre a coeur exclusivement leur propre intérêt, au détriment de la personne avec laquelle ils ont affaire.

Le fait que dans la société actuelle, la production n'a pas lieu généralement afin de pourvoir aux besoins des hommes, mais pour de toutes autres raisons, a d'importantes conséquences sur le caractère des possesseurs des moyens de production. On produit exclusivement pour obtenir des bénéfices, si 1'on peut en faire de plus grands en cessant la production, elle s'arrête; c'est la le point de vue des capitalistes. Les consommateurs par contre voient dans la production le moyen de créer ce dont 1'homme a besoin. „Mundus vult decipi": ils veulent se faire illusion au lieu de reconnaitre que le producteur n'a que son bénéfice en vue. Ce dernier se prête a cette manière de voir et se pose en homme désintéressé. S'il réduit p. e. les prix de ses articles, il le fait dans 1'intérêt du public, dit-il, et se garde d'avouer que c'est pour augmenter ainsi ses bénéfices etc. C'est le caractère mensonger, inévitablement propre au capitalisme.

En général ce trait caractéristique du capitalisme n'a point d'importance pour le moral du consommateur, il n'est que dupé et voila tout, mais pour la presse qui est presque entièrement entre les mains des capitalistes, il en est autrement. La presse qui doit être un guide pour les masses, et qui 1'est par quelques-uns de ses organes, est pour le reste entre les mains des capitalistes qui ne s'en servent que comme d'un moyen de faire de 1'argent. Au lieu d'être rédigée par des hommes qui par leurs capacités et leur fermeté, peuvent éclairer le public, elle 1'est par des gens qui n'en font qu'un gagnepain, et ne relèvent que du propriétaire de la feuille.

En grande partie la presse est 1'opposée de ce qu'elle devrait être : elle représente les intéréts de ceux qui paient soit pour des annonces, soit pour des articles; elle augmente 1'ignorance et les préjugés de la masse, en un mot, elle empoisonne 1'opinion publique.J)

A cóté de cette influence générale sur le public, la presse a pour 1'étiologie du crime encore une importance spéciale, dans ce sens que la plupart des journaux, pour donner satisfaction a la curiosité malsaine

') Voir 1'opinion de F. Lassalle dans son discours »üie Feste, die Presse und der Frankfurter Abgeordnetentag'': »Wenn Jemand Geld verdienen will, so mag er Cotton fabriciren oder Tuche, oder auf der Börse spielen. Aber dasz man um schnöden Gewinnstes willen alle Brunnen des Volksgeistes vergifte und dem Yolke den geistigen Tod taglich aus tausend Röhren kredenze — es ist das höchste Verbrechen, das ich fassen kann" (II. p. 646).

Voir encore sur I'influence corruptrice de la presse: A. C. Schaffle »Bau und Leben des sozialen Körpers", I, p. 461—466, et IV, p. 68—70; H. Mandl, «Die Wiener Preszkorruption" (Neue Zeit 1884); J. Stern «Eintlusz der sozialen Zustande auf alle Zweige des Kulturlebens", p. 33—37.

II est superfit! d'insister sur I'influence d'une partie de la littérature, écrite par des auteurs qui en font un métier au profit des entrepreneurs, et de celle de certains théatres qui sont aussi corrupteurs qu'une mauvaise presse,