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Criminalité et conditions économiques

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Enfin 1'ignorance est encore de la fa<;on suivante un facteur du crime. Trés souvent 1'auteur d'un crime le conijoit et 1'exécute d'une fa^on si béte et avec si peu de chancc de réussite, qu'il ne 1 aurait certainement pas commis s'il n'avait pas été un ignorant, ne connaissant pas les forces auxquelles il aurait affaire.

Quand on a reproché a 1'école italienne de faire ses recherches seulement sur des détenus et non sur des criminels et leurs égaux libres, on a dit que ce ne sont que les criminels stupides et ignorants qui sont en prison, tandis que les autres, les rusés et les malins restent en liberté. II y a assurément beaucoup de vrai dans cette assertion. ')

Le bas-prolétariat. Dans les pages précédantes j'ai déja parlé de 1'influence exercée par les mauvaises circonstances matérielies sur le caractère de 1'homme; j'y ai indiqué les conséquences morales des mauvaises conditions d'habitation, et aussi comment 1'homme devient méchant et s'aigrit par le manque de tout ce dont il a besoin pour vivre. Tout cela s'applique au prolétariat, mais a plus forte raison encore a tous ceux qui, par une raison quelconque, ne vendent pas leur force de travail, c. a d. au bas-prolétariat.

Si les habitations des ouvriers sont mauvaises, celles du basprolétariat se trouvent dans un état plus pitoyable encore. Y a-t-il, par chómage ou par maladie, dans la vie de presque chaque ouvrier des périodes de la pire misère — pour le bas-prolétaire ces périodes sont sans relache: sa misère est chronique. Et quand la misère se fait sentir longtemps de suite, les qualités intellectuelles s'émoussent, jusqu'a ce qu'il ne reste de 1'homme que la brute, luttant pour 1'existence.

Quoique la misère matérielle et intellectuelle du bas-prolétariat soit beaucoup plus grande que celle du prolétariat, la différence entre elles n'est que quantitative. Cependant sous un seul rapport il y a aussi une différence qualitative, trés importante même, c. a d. celle-ci: que 1'ouvrier est un être utile, sans lequel la société ne peut exister. Ouelque opprimé qu'il soit, c'est un homme qui possède le sentiment de 1'amour-propre. II en est différemment du bas-prolétaire. II n'est pas utile, mais nuisible. II ne produit rien, et essaie de vivre de ce que font les autres; on ne fait que le tolérer. Celui qui a longtemps vécu dans la misère, perd tout sentiment d'amour-propre, se prête a n'importe quoi, pourvu que cela puisse prolonger son existence.

Bref, la misère (prise dans le sens de manque absolu) tue les sentiments sociaux dans 1'homme, anéantit toute relation entre les hommes. Celui qui est abandonné de tous ne peut plus avoir de sentiments pour ceux qui 1'ont abandonné a son sort.

») En suivant 1'exposé de la condition du prolétariat, donné au premier chapitre de la seconde partie, on remarque que les tendances qui influent le prolétariat en sens opposé vont suivre.

Puisque ce sont maintenant les tendances égoïstes de la société actuelle qui sont soumises a 1'examen, ce n'est pas ici la place pour parler des autres. Plus loin, c. a d. en traitant des délits spéciaux, je produirai des chiffres pour démontrer que c'est dans 1'organisation du prolétariat que se trouve la tendance & diminuer la criminalité de cette classe.