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§ fi. Scs auslcrités, scs veilles.

A l'exemple et da consentement de son père et direclear spirituel, Irois fois la semaine, pendant tout Ie Caréme prescrit par l'Eglise, il ne prenait pour tout soutien que du pain et de 1'eau; il passait de méme Ie grand Caréme de l'Ordre, lequel duredepuis la Toussaint jusqu'a la fèle de Noel. Outre la discipline commune prescrite a tous les religieus, trois fois la semaine, après I'office de Hatines, il se Ia donnait souvent encore en particulier, nommément les vendredis, et toujours jusqu'au sang. Pour éviter plus sftreroent d'étre entendu alors par ses Frères, en méme temps que pour étre plus libre dans cetle sainte dureté envers lui-mcme, il montait sur la voftte de l'église da couvent, Ie plus souvent a une heure de l'après-midi ou vers Ie soir, quand il croyait que tous les religieus étaient rentrés dans leurs cellules. La il déchirait sa chaste chair depuis les épaules jusqu'aux pieds, se disant a lui-méme : « Va, méchante créature qui a tant de fois ofiensé » ton Dieu el causé la mort de son Fils unique, tu as assez souvent mérité » 1'enfer, pour p4tir un peu en ce monde. » II ne pouvait toutefois si bien se cacher, dans ces austérités, qu'il n'était vu parfois et entendu par quelques-uns de ses confrères. C'est ainsi qu'un jour, deux d'entre eux, Ie P. Georges Calendeet le Fr. Nicaise Haline, 1'ayant observé & dessein, ils furent si saisis d'horreur et de pitié a la vue du traitement sanglant qu'il s'infligeait qu'ils durent promptement s'éloigner. Mais une autre fois un de ses compagnons pensa pouvoir lui faire le reproche d'user de trop de rigueur d l'égard de son corps, et lui donner le conseil de meltre dans ses austérités un peu plus de discrétion. Alors le bon et humble Frère, pressentant sans doute et prédisant sa destinée future, lui répondit avec doureur : « Mais, » mon frère, peut-être serai-je un jour martyr: ne faut-il pas que je » fasse maintenant l'essai, si un jour je saurai supporter les cruautés d'un ii persécuteur? »

Les planches de sa celluie, sur lesquelles il avait étendu une toile grossière, étaient toute sa couche; quelque lourde pièce de bois lui servail d'oreiller. Lorsque, plus tard, il eul, en vertu de la sainte obéissance, quitté Ie couvent de Nivelles, pour passer dans une terre étrangère, sa celluie fut donnée au Frère Nicaise, celui-la même qui avait été un jour si impressionné de ses macéralions. Or le Frère Nicaise, 4 la vue de cette rude couche, fut lellement effrayé, qu'il pria Ie Père Gardien, avec autant d'inslance qua

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