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queurs du type absinthe. De statistiques qui nous ont été communiquées récemment, en tant que rapporteur de 1'antialcoolisme aux colonies au congrès de la mutualité coloniale de Constantine, il résulte que les importations d'absinthe ont presque doublé, depuis dix ans, dans le Sénégal, malgré les surélévations successives des droits d'entrée; comme il est permis de penser que ce n'est pas la une exception et que les progrès de cette liqueur éminemment toxique se sont fait sentir partout, nous avons pensé que le moment était venu d'inaugurer, en quelque sorte, le système de la prohibition partielle en la frappant, au moment précis oü elle est condamnée dans des projets de loi a 1'étude dans le Parlement frangais; n'a-t-elle pas été proscrite d'ailleurs dans toute 1'étendue du Congo beige?

Cette mesure radicale établirait au surplus, d'une manière peremptoire, que nous ne cherchons pas dans nos voeux a atteindre plus spécialement les produits d'origine étrangère dans lesquels rentre 1'immense majorité des alcools de traite, puisque les absinthes introduites dans nos colonies proviennent en presque totalité de notre pays. Nous ferons même remarquer qu'une récente circulaire du Gouverneur-Général de 1'Afrique équatoriale, qui a interdit, le 28 septembre 1909, la vente aux indigènes des absinthes titrant 60° et audessus, a frappé uniquement la fabrication nationale, puisque les absinthes de traite d'origine allemande sont sensiblement moins alcoolisées.

La prohibition systématique de toutes les liqueurs du type absinthe aurait encore un autre résultat avantageux: elles sont en effet la boisson préférée des européens qui se livrent sous les tropiques a 1'alcoolisme, et le fait de les en priver les détournerait peut-être de s'adonner a leur passion, avec si peu de retenue en donnant par leurs excès un pernicieux exemple aux indigènes, plus enclins a copier les vices de leurs maitres que leurs qualités.

Quoi qu'il en soit, 1'heüreuse initiative prise par les autorités congolaises semble absolument suffisante pour que cette question soit posée a la prochaine Conférence de Bruxelles, bien qu'elle n'y ait pas encore été précédemment envisagée.

Nous n'avons pas la prétention de présenter ces diverses mesures comme les seules qui puissent être appliquées: bien d'autres seraient a recommander a 1'attention des plénipotentiaires des

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