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nullernent menacés sur leurs positions de Ia rive gauche de la Meuse.

L oreille tendue aux bruits de la bataille, j'essayais en vain de me rendre compte de ce qui se passait. Une chose seulement me paraissait certaine: au pied du chemin descendant d'Herbuchenne et qui débouche en ville a une centaine de mètres de chez moi, une fusillade furieuse 11e discontinuait pas. De eet endroit on n'a aucune vue sur la rive gauche; Francais et Allemands devaient donc s'y trouver face a face, se battant sur le corps de leurs camarades tombés pour se fusiller a bout portant. Je^ pus constater plus tard qu'aucune troupe n'avait paru sur ce point de la ville. J avais été induit en erreur par des échos déconcertants qui répercutaient de rochers en rochers les bruits inaccoutumés de la bataille. Nombre d'habitants furent 1'objet d'illusions semblables, et il est vraisemblable que, dans la sinistre journée du 23 Aoüt, bien des Allemands ont été trompés de la même fagon. Vers midi, une accalmie se produisit: canons et mitrailleuses se taisent, la fusillade même devient insignifiante. Quelques personnes se risquent jusqu'au seuil de leur maison. cherchant a se renseigner sur le développement du combat.

Sur le fort, le drapeau allemand remplace les couleurs fran-

caises qui y flottaient le matin. Plus au Sud, on apergoit la fumée

de coups de fusils tirés .de celles des meurtrières de la

tour de Montfort, qui font face aux Allemands. Les Frangais

tiennent donc encore dans ce réduit. Impossible d'en savoir clavantage.

Soudain, éclatent des salves d'artillerie. Toutes les portes se referment et c est une nouvelle plongée dans les caves.

Bien que la lutte se fit beaucoup plus violent que dans le

cours de la matinée, elle inspirait moins de craintes. Accoutumance

au danger ou confiance que durerait 1'immunité dont on avait

profité jusqu aiors ? Ces deux sentiments, sans doute, concouraient

a calmer 1'anxiété. L'esprit plus libre se reportait vers les souf-

frances des combattants et s egarait vers 1'horreur du champ de bataille.

Dans la nature impassible, une belle journée d'Aoüt empourprant les visages déja enfiévrés par le combat, illuminant les jeunes vies offertes en sacrifice, éclairait aussi les figures crispéés des blcssés qui, ralant leur soif et leur fièvre, gisaient, la poitnne trouee et les membres broyés, ou se traïnaient lamentables vers un coin d'ombre, pour y abriter leur agonie. Et la face pale des morts, la bouche ouverte pour un dernier cri de colère

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