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Dans 1'espoir de faire subir quelques pertes a 1'ennemi, exposer a la mort de paisibles citoyens; exposer une ville aux horreurs de représailles sanglantes; s aliéner, en trahissant son devoir, de précieuses sympathies et 1'estime des peuples; priver la Belgique de la situation privilégiée que devait lui assurer, devant le futur Congrès chargé des négociations de la paix, la loyauté pure de son geste et de son sacrifice : voila 1'étonnante conception que les scribes berlinois prêtent au Gouvernement beige. La mort de quelques soldats allemands ne payait vraiment pas la ruine certainè d une cité prospère et une irrémédiable défaite morale.

A notre tour nous dirons: "II est permis d'admettre,, que les accusateurs n ayant guère réfléchi a ces considérations ne se sont pas rendu compte de la témérité de leurs allégations.

Plus extraordinaire encore que 1'idée attribuée a nos gouvernants serait la fagon dont ils 1'auraient réalisée.

Pour favoriser la résistance concertée a Dinant, ils commencent par rappeler a la population la défense de prendre part aux opérations de guerre, puis, possédant sur les lieux une force régulière mais de peu de valeur militaire, la garde-civique, ils la désarment et la licencient publiquement. A cette milice devenue troupe sans chef, cohue, on aurait subrepticement rendu des armes et mué ainsi des soldats en assassins. Tout citoyen aurait refu licence de prendre livraison d'un fusil et de s'embrigader dans les rangs de cette étrange cohorte.

On ne réfute pas de pareilles sottises. L'énormité de leur ridicule en fait justice.

Sur quels indices, cependant, se base le Livre Blanc pour formuler son accusation contre Ie Gouvernement beige?

On a trouvé, dit-i!, des iusils d ordonnance beiges aux mains de la population.

Nous verrons ce que valent les déclarations qui parient de ces tusils. Fussent-elles exactes, elles ne comportent pas la déduction qu on prétend en tirer : a savoir que ces armes ont été distnbuées par le Gouvernement pour faciliter la résistance de la population. Avant de conclure il faudrait, par des faits précis ou des raisonnements sains, exclure toute hypothèse donnant une autre explication du tait allégué. N'y avait-il pas a Dinant de déserteurs belees? Aucun garde-civique n'avait-il quitté la ville avant le licenciement du corps, laissant son fusil dans sa demeure abandonnée ? (1) Des négligences administratives n'avaient-elles

(1) On sait que d après les réglements en vigueur les membres de !a gardecivique conservent leurs armes a domicile.

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