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Le sac de Dinant et les légendes du livre blanc Allemand du 10 mai 1915

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Le major Franzel, lui, nous a parlé de 1'envahissement nécessaire d'une rangée de maisons en vue d'occuper une position d'oü 1'on put contrebattre le tir des Francais,

Le sous-lieutenant Kipping nous montre 1'opération sous un autre aspect. C'^st par mesure ƒ>réventive qu'il devra, par ordre du capitaine Gause, fouiller une longue rangée de maisons, paree que, d'après les dires du major Franzel, des habitants de la ville auraient, quelque part, tiré sur la ligne de tirailleurs. C'est la une troisième face de la vérité allemande, que le témoin nous révèle. Tant dans sa déposition du 17 Décembre 1914 (Anl. 30) que dans son rapport du 14 Février 1915, confirmé sous serment le 3 Mars (Anl. 25), le major Franzel, mis en cause par Kipping, s'était, en effet, abstenu de donner un caractère préventif aux mesures prises contre les habitants et de justifier ces mesures en invoquant la raison que lui prête Kipping.

Comment se pratiquèrent ces perquisitions, dont fut chargé le sous-lieutenant Kipping? Par la violence. "Comme notreinvitation d'ouvrir restait régulièrement sans réponse, nous dümes partout forcer 1'accès des maisons „

Ce terme invitation est un délicat euphémisme. Un coup de sonnette ou des coups de crosse sur la porte s'accompagnant, dans les fenêtres, d'une grèle de balles qu'aucune célérité ne pouvait prévenir, telle fut la forme de 1'invitation qui me fut adressée et que, je 1'ai vu, on utilisa aussi chez mes voisins. Souvent le procédé s'aggravait du jet de grenades dans les caves. Tardait-on a ouvrir, la porte d'entrée était enfoncée et 1'on continuait a tirailler dans la maison. Le sous-lieutenant Kipping, attaché a cette époque a la 5me compagnie, nous signale les conséquences de cette fa^on de faire : une femme fut blessée par un coup de feu tiré dans une maison " que 1'on n'avait pas ouverte volontairement „. Dans le rapport de la 8me compagnie (voir plus loin Anl. 29) on note qu'une autre femme fut blessée dans sa cave par un coup de feu tiré a travers la porte.

La déposilion de ce sous-lieutenant Kipping est d'un puissant intérêt: le noeud de la tragédie est tout entier dans les quelques lignes que je viens de rappeler.

On sait quels étaient les sentiments des troupes allemandes envahissant Dinant, quelles excitations coupables les avaient développés et le tableau qu'on leur avait tracé de la ville et de la population : un repaire de bandits, une embuscade préparée de longue main.