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Le sac de Dinant et les légendes du livre blanc Allemand du 10 mai 1915

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Vers les sept heures du matin, les soldats arrivèrent sur la place de 1'Abbaye et furent plus exposés au feu des Francais postés sur les hauteurs de la rive gauche.

La fusillade sembla les rendre plus furieux. Toutes les maisons furent ouvertes a coups de hache. Les victimes se multiplièrent rapidement dans la rue. L'ouvrier Hennion fut tué sous les yeux de sa vieille mère, agée de 82 ans. Pendant ce temps, la rue du Moulin et la rue Longue étaient envahies a leur tour. Dans la première maison, M. Poncelet, industriel, fut tué a bout portant, d'un coup de revolver, par un officier. Se voyant visé, il avait dit: " Vous n'allez pas, j'espère, tuer un père de familie de sept enfants?,, II fut abattu de suite a 1'endroit du salon, aux pieds de sa femme et sous les yeux de ses sept enfants. L^ainé avait onze ans, et le plus jeune, un an et demi. Madame Poncelet fut jetée dehors, trainant avec elle tous ses enfants, sauf une nllette, ramenée 24 heures après, a 1'Abbaye.

Lorsque, cinq jours après, madame Poncelet sortit de 1 Abbaye oü elle était prisonnière et rentra chez elle, le corps de son mari gisait encore a la même place. Les soldats après avoir comme partout, saccagé et brisé tous les meubles, avaient bu et avaient tait de la musique au piano, prés du cadavre. Les traces de 1'orgie ne permettaient pas d'en douter.

Dans cette même rue, deux autres hommes furent ainsi tués. L'un d'eux, M. Naus, chef mécanicien de 1'usine, fut fusillé devant sa femme. A son retour de 1'Abbaye, celle-ci trouva le corps de son mari coupé en deux. Les autres hommes, une quarantaine, furent amenés avec leurs families, les bras levés jusqu a 1 Abbaye. Tous les habitants du quartier furent ainsi jetés hors de leurs maisons, conduits dans le cloïtre qui, vers 9 heures, abritait deja prés de 300 personnes affolées. Elles arrivaient par groupes, les bras levés, poussées par les soldats, avec les malades soutenus ou portés. Des femmes blessées, des mères avec leurs nourrissons, d'autres trainant ou portant leurs enfants, arrivaient en criant, les yeux égarés, grandis par 1'efïroi, les cheveux en desordre, souvent a peine vêtues, se lamentant ou hébétées par la terreur. Ces scènes se renouvelaient a chaque instant.

C'était dimanche. Monsieur le curé était aumónier a 1 arinée. Le Père Joseph, vicaire, n'avaitpas dit la première messe a la paroisse. II la dit a 1'Abbaye, vers 9 heures. Tous les prisonniers y assistèrent. La mitraille et la canonnade faisaient rage au-dessus du monastère; on priait avec ferveur. Presque tous les hommes qui allaient mourir une heure après, communièrent, grace a une henreuse inspiration du P. Joseph. II leur dit (sans peut-etre croire parler si juste) que la mort était menagante et qu en pared danger la communion en viatique pouvait leur être accordee. Hélas! la mort était a la porte de 1'Abbaye et attendait ses victimes.

Un officier vint, en effet, dans le cloitre et donna 1'ordre de rassembler tous les hommes. Les religieux, persuades qu il s agissait d'un appel, d'un controle quelconque ou d'avis a recevoir, recner-