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Sorinnes avait été, le 22 Aoüt, purgé de tous les hommes et de tous les éléments douteux,

Arrivant de bonne heure, le 23 Aoüt au matin, dans ce village, je vis une maison en feu, entourée par nos soldats. J'appris qu'on avait fait feu de cette maison, sur les hussards qui passaient, qu'on 1'avait ensuite fouillée en vain pour en chasser les tireurs et qu'alors, pour chasser ceux-ci de leur cachette, on avait ineendié la maison. (1) Retournant plus tard a Taviet, je racontai ce fait a la dame chez qui j'avais logé, une femme de la bourgeoisie. Elle me dit : "Ce seront certainement encore des gens de Dinant„. Elle me raconta alors que, de Dinant, on avait envoyé, dans les villages des alentours, les éléments douteux. Lorsque ceux-ci auraient commis des méfaits vis-a-vis des troupes allemandes, leurs actes devaient être mis sur le compte des habitants.

De ce qu'elle me dit, je compris que, de Dinant, on avait réellement organisé la résistance contre les troupes allemandes.

Notre échelon morïCé partit de Taviet, a 3 heures de 1'aprèsmidi, s'arrêta, un temps assez long, au Sud de la route de Sorinnes, vers Dinant, et descendit a la Meuse, par la gorge qui conduit aux Rivages. Nous y arrivames alors qulil faisait déja obscur. Pendant la nuit, arrivèrent encore une grande quantité de femmes et d'enfants, qui, a vrai dire, auraient du aller encore plus loin, vers le Sud. Cependant, vu le grand danger que cela aurait présenté, étant donné que le long de la route tout brülait, nous les hospitalisdmes dans une grande maison vide, immédiatement, en face du pont de pontons, oü ils étaient a F abri du feu. Outre moimême, un certain nombre d'officiers du régiment du roi n° 100, se sont mis en peine pour leur installation. Le lendemain matin, le capitaine von Criegern a, sur 'na demande, ordonné de distribuer du café chaud a toutes les femmes et aux enfants.

Sur la rive de la Meuse, entre la rivière et un mur de jardin, a gauche prés du pont de bateaux gisaient un tas de civils fusilles. J'en ignore le nombre: trente a quarante, je crois. Je ne sais qui les avait fusillés; j'ai entendu dire que le 101me régiment de grenadiers avait fait ia une exécution. Parmi les tués se trouvaient aussi quelques femmes; les jeunes gens formaient de' beaucoup la majorité. Dans le tas, je découvris une fillette d environ cinq ans, vivante et sans aucune blessure. Je 1'enlevai du tas et la conduisis dans la maison oü se trouvaient les femmes. Elle accepta du chocolat, était trés alerte et, manifestement, ne se rendait, pas compte de la gravité de la situation.

J'examinai alors le tas de cadavres pour voir s il s y trouvait encore d'autres enfants. Je ne découvris flus qu'une file ^d environ 10 ans blessée a la partie inférieure de la cuisse. Je la fis panser et porter également auprès des femmes. Le lendemain

(1) Les soldats ont ici agi comme, a Leffe, le capitaine Wilke : la maison fut incendiée paree que personne n'y fut trouvé. Ajoutons qu'on acheva ensuite de brüler entièrement le village oü, depuis la veille, il ne restait plus un homme.

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