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il fut trouvé se contredisent et s'excluent. Nous nous trouvons, notamment, en présence des déclarations de deux médecins, hommes habitués par leur profession a faire des constatations précises et exactes. Tandis que 1'un deux, le docteur Köckeritz (Anl. 67), voit Ie cadavre lié sur une grille dont il est seul a parler, le docteur Holley (Anl. 74) observe que les pieds et les poings sont liés a des piquets fixés en terre, piquets dont aucune autre déposition ne fait mention... Et ce sont la les deux témoins que leur situation rend les plus dignes de foi!

Je ne crois pas pourant que les auteurs de ces déclarations aient inventé de toutes pièces leur récit.

Une rumeure aura circulé dans 1'armée allemande a propos d un soldat brülé, rumeur créant une de ces légendes comme il s en forme partout. Leur source est inconnue, mais elles cheminent colportées de bouche en bouche, dénaturant les faits, se déformant elles-mêmes jusqu'au moment oü elles trouvent une expression a peu prés fixe et définitive mais toujours excessive. (1) Elles sont d autant plus " indiscutables „ que personne n en sait 1'origine ; elles deviennent d'autant plus " vraies „ qu un plus grand nombre de personnes les connaissent et en affirment 1 authenticité. Des témoins se trouvent alors pour les certifier sous la foi du serment. Souvent, et c'est ici le cas, les témoins appartiennent a cette catégorie spéciale de menteurs (tout le monde en connait, car ils sont légion,) qui, de bonne ioi peut-être, répètent une histoire qu'ils ont entendu conter et qui, pour forcer la conviction de leurs interlocuteurs, ajoutent mensongèrement " j'ai vu. „

Que la conscience de ces médecins allemands soit en paix 1 Ils n'ont pas inventé ; et quel mal pouvaient-il bien commettre

1 inexactitude est si légére — en disant " j'ai vu „ pour attester un fait qu'ils savaient vrai, puisque dans leur entourage, tant de personnes le répètaient ?

C est aussi un bien honnête homme que Ie témoin Rost (Anl. 59). Ayant entendu deux versions de cette histoire il n'en reprend qu une pour son propre compte, laissant la responsabilité de la seconde aux camarades qui la lui ont contée. Et cela fait, au prix d un seul petit mensonge, une doublé calomnie. On n'est pas plus scrupuleux.

(1) Voir comment nait un cycle de légendes — Francs-tireurs et Alrocités en Belgique „ par F. van Langenhoven Payot & Cie Lausanne et Paris. 1916.

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