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nombre avaient été, peu de temps auparavant, pris comme otageS (p. 121). Dans le tas, on retrouva des malheureux qui n'étaient que blessés, parmi eux une petite fille de huit ans, une femme agée (déposition du lieutenant de réserve Baron von Rochow, C. Anl. 47), une petite fille de cinq ans qui n'avait aucune blessure et une autre petite fille d'environ dix ans qui avait une blessure au bas de la cuisse (1) (déposition du Dr Petrenz, C. Anl. 51).

La reconnaissance de ce fait brutal par 1'autorité allemande rf'empêche pas le major Paazig, reculant vraisemblablement devant 1'horreur d'un pareil aveu, de déclarer que les blessures des cadavres étaient en partie trés graves et paraissaient avoir été occasionnées par le feu de 1'artillerie (C. Anl. 49).

Cette supposition est absolument erronée, car le témoin Dr Petrenz reconnait que la tuerie fut le résultat d'une exécution faite par le 101me régiment d'infanterie (C. Anl. 51) et qu'un autre témoin, le capitaine de réserve Carl Ermisch, dit que les otages furent fusillés sur les ordres d'un officier agé — non nommé — du 101me régiment de grenadiers (C. Anl. 46).

Quelque abominable que soit cette exécution, le Livre Blanc a la prétention de la justifier par 1'objectif militaire (Kriegszweck) qu'il importait de réaliser (le passage rapide sur la rive gauche de la Meuse) et par la situation périlleuse des troupes soi-disant attaquées traitreusement par la population (p. 123). Voici comment s'exprime a 'ce sujet le rapport du Bureau Militaire d'Enquête :

" II importe d% tenir compte, dans 1'appréciation de 1'attitude des troupes du XIIme corps a 1'égard de la conduite extrèmement hostile de la population civile, fais^nt usage des moyens les plus condamnables, que le but tactique poursuivi par le XIIme corps était de passer rapidement la Meuse et de repousser 1'ennemi de la rive gauche du fleuve. En finir promptement avec la résistance des habitants s'opposant a la réalisation de ce but constituait une nécessité de guerre (Kriegsnotwendigkeit), et il y fallait parvenir de n'importe quelle fagon. En se plagant a ce point de vue, étaient justifiés, sans plus, le bombardement de la ville qui prenait une part active au combat, 1'incendie des maisons occupées par des francs-tireurs, ainsi que la fusillade des habitants pris les armes d la main.

" De même, était aussi conforme au droit la fusillade des otages qui se fit en divers quartiers de la localité. Les troupes qui combattaient a 1'intérieur de la ville se trouvaient dans une situation de danger extrèmement pressant, par le fait que, sous le feu de 1'artillerie, des mitrailleuses et de 1'infanterie des troupes régulières ennemies postées sur la rive gauche de la Meuse, elles essuyaient en même temps dans le dos et sur les flancs la fusillade des habitants. , On s'assura d'otages pour mettre fin a ces

(1) II ne peut s'agir de la même enfant que celle dont parle le lieutenant von Rochow, car celui-ci constate que la petite fille a une blessure au visage, tandis que celle trouvée par le Dr Petrenz est blessée au bas de Ia cuisse.

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