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la Meuse et notamment d'une maison rouge située prés du Rocher Bayard (C. Anl. 46).

Comment accepter sans méfiance ces dépositions formellement contredites par le major von Zeschau et qui laissent apercevoir que leurs auteurs se forment une conviction sous 1'éternelle hantise des " francs-tireurs Le capitaine Ermisch avait, en effet, constaté, une heures environ auparavant, qu'il ne voyait pas de troupes dans les environs (Es waren weder französisc/ie noch deutsche Soldaten zu sehen); il en résuite que, dans son esprit, des " francs-tireurs „ devaient avoir tiré les coups de feu. Or, on sait que sur la rive gauche de la rivière, en face même des Rivages, des troupes franjaises étaient embusquées (C. Anl. 46).

II importe de reproduire ici le passage du rapport du procureur du Roi de Dinant (Voir section I de ce chapitre), qui est relatif a 1'exécution des otages prés du pont de bateaux jeté par les Allemands sur la Meuse au faubourg des Rivages. M. Tschoffen s'exprime comme suit (p. 202) :

„ Les troupes descendues par la route de Froidvau occupent le quartier de „ Penant. " Les habitants sont arrêtés dés 1'arrivée des Allemands et gardés a vue prés du Rocher Bayard. Le feu des Frangais s'étant ralenti, les Allemands commencent la construction d'un pont. Cependant quelques balles les gênent encore. De ce qu'elles sont rares, les Allemands concluent — avec ou sans sincérité — qu'elles leur sont envoyées par des francs-tireurs. Ils envoient M. Bourdon, greffier adjoint au tribunal, sur la rive gauche, pour annoncer que, si le feu continue, les habitants prisonniers seront passés par les armes. II s'exécute, puis, repassant la Meuse, revient se constituer prisonnier et déclare aux officiers allemands qu'il a pu se convaincre que seuls des soldats frangais tirent. Quelques balles fran^aises arrivent encore, et une chose monstrueuse se passé, que 1'imagination se refuserait a croire si des témoins ne survivaient pour 1'attester et si les cadavres avec leurs plaies béantes n'en fournissait la plus irrécusable des preuves : le groupe des prisonniers, hommes, femmes et enfants, est poussé contre un mur et fusillé !

„ Quatre-vingts victimes tombent en ce moment (1) ! "

Ce récit de M. Tschoffen est non seulement confirmé, mais précisé sur un point d'une importance capitale par le soldat Schoenherr, du 101rae régiment de grenadiers, qui, fait prisonnier le 8 Septembre a Chalons-sur-Marne, a été interrogé par les autorités frangaises le 5 Juin 1915, au dépót de Blaye, et a déclaré ce qui suit :

„ Le 23 Aoüt, nous arrivions a Dinant, et je fus détaché dans le corps des pionniers occupé a lancer un pont ; je n'ai, par suite, pas traversé la ville, qui avait un certain nombre de maisons en Hammes. Tandis que nous transportions les pontons, et

(1) Parmi ces victime figurent M. Bourdon, sa femme, un de ses fils et sa fille.

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