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inhumaïnement par un groupe isolé; peut-être, cependant, y a-t-il eu un deuxième cas analogue, mais cela paraït trés douteux, car un seul des neuf témoins parle d'un deuxième soldat brulé et encore ne le fait-il, en déposant le 6 Mars 1915, que par ouï-dire (C. Anl. 59).

A 1'exception d'une seule déposition, dont la date n'est pas indiquée et est indéterminable, les témoignages ont été regus en Février et Mars 1915, c'est-a-dire six mois environ après 1'époque des observations. II peut paraïtre étrange que le ou les faits abominables et tout a fait exceptionnels dont il s'agit n'aient été consignés, a ce qu'il semble, dans le journal de campagne ni de 1 un ni de 1'autre des nombreux régiments qui se trouvaient a Dinant au moment oü le ou les soldats carbonisés furent découverts. On s'en rapporte uniquement a la mémoire de soldats, dont les émotions de six mois de campagne sont bien de nature a troubler la précision. II eut été intéressant, d'autre part, d'apprendre ce que les habitants de la propriété prés de laquelle le soldat carbonisé était couché connaissent au sujet de cette affaire. Le Livre Blanc est complétement muet a eet égard.

Quoi qu'il en soit, les observations faites par les divers témoins sont fort divergentes. L'un d'eux rapporte que la victime avait seulement les pieds liés au moyen d'un fil de fer (C. Anl. 56), alors que d'autres ont remarqué qu'elle avait les pieds et les mains liés ensemble de cette fa?on (C. Anl. 75 et 76), et qu'un dernier déclare n'avoir pas observé ce qu'il en était sous ce rapport (C. Anl. 77). II y en a un qui a vu le soldat couché sur le dos, les bras largement étendus (C. Anl. 61), tandis que, pour un autre, il avait les pieds et les mains liés a un piquet fiché en terre (C. Anl. l^) et que, pour un troisième, il était lié a une grille de fourneau (Rost) (C. Anl. 67) (2); pour l'un il avait été vraisemblablement tué a coups de fusil (abgeschossen) (C. Anl. 67), alors que, pour 1'autre, il devait, d'après les lignes de démarcations, avoir été brülé vif (C. Anl. 74). Un témoin a vu le corps sous un tas de paille brülée (C. Anl. 59), alors qu'un autre affirme avoir, avec ses camarades, jeté de la paille sur le cadavre pour le recouvrir (C. Anl. 76). Pour les uns, le cadavrè était presque complétement carbonisé (C. Anl. 74 et 75) tandis que, pour un autre, la figure seule était brülée (C. Anl. 77).

Enfin, un témoin déclare avoir vu, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, un chasseur carbonisé et avoir entendu raconter qu'un deuxième chasseur, dont la figure était brülée, avait été trouvé prés de Dinant (C. Anl. 59).

B. — Le fusilier aux yeux crevés

Un témoin assure avoir vu, le 23 Aoüt, jour du principal engagement, derrièré la position de combat de la 2me section du

(2) Ce témoin dit que la victime était un cavalier.

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