Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

grand nombre, pris de bonne heure, étaient encore incomplètement vêtus ; les soldats, en les entrainant, leur assuraient que la population civile n'avait rien a redouter, qu'ils ne couraient aucun risque ; ils n'articulaient aucun grief a leur égard.

Vers le soir du 23 Aoüt, ils ont été emmenés des locaux oü ils avaient été parqués et, sans 1'ombre d'un interrogatoire ou d'un jugement, ils ont été mis au mur et fusillés.

L'arbitraire le plus odieux a dicté la conduite des troupes allemandes dans cette circonstance. D'autres Dinantais, faits prisonniers dans les mêmes maisons d'oü leurs concitoyens avaient prétendument tiré sur les Allemands, au lieu d'être fusillés comme les premiers, furent simplement transportés a Cassel, en Allemagne. Cette différence de traitement, faite entre les uns et les autres, n'était basée sur aucune raison plausible. Le but des Allemands n'était pas de punir des coupables, mais de faire payer a la population les attentats imaginaires dont leurs troupes auraient été victimes.

C'est ce qui résulte notamment de la harangue qu'un officier a débitée, en trés mauvais frangais, avant de commander le feu :

" On a tiré sur nos soldats d'un lazaret. On a tiré des maisons oü il y a des Croix-Rouges. On a tiré d'un höpital. Vous^ autres civils, vous avez tiré sur nos soldats. Nous allons vous faire une legon. „

L'accusation d'avoir tiré de la Croix-Rouge, d'avoir tiré d un hópital, est plusieurs fois formulée dans le Livre Blanc. Or c est un fait prouvé, on n'a ni tiré, ni fait le moindre acte répréhensible d'aucun des cinq ou six établisements qui arboraient, le 23 Aoüt, la Croix de Genève. L'armée allemande aurait-elle donc songé a faire un grief a 1'hospice civil de 1'existence de quelques meurtrières, aménagées dans un mur d'une propriété indépen-^ dante, voisine de 1'hospice ? Ces meurtrières y avaient été pratiquées par les troupes frangaises (1) !

Ou bien chercherait-on a rendre 1'établissement des Dominicaines responsable des tranchées creusées par les mêmes troupes, a proximité, mais tout a fait en dehors de la propriété ? Ce serait méconnaïtre absolument les droits de défense d une armée et tirer de la prétexte a'atteindre et de frapper des innocents (2) !

A Dinant, aucun abus n'est imputable a la Croix-Rouge.

Le füt-il, il justifierait la punition des coupables, nullement le massacre des civils de la rive opposée.

En définitive, est-ce bien a l'armée allemande a prendre le röle d'accusateur, elle qui a violé de fagon si flagrante les prescriptions du Droit des gens ? Qu'ont fait ses soldats a Dinant .

(1) Annexes 9, 56, 67, 69, 70.

(2) Comment le capitaine Zeidler peut-il écrire que ces maisons n'ont été bombardées que lcrsqu'il eut été établi incontestablement qu'eües étaient occupées par des habitants hostiles et armés (Annexe 70) ?

Sluiten