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Anseremme ne cessèrent de protester et d'affirmer que ceux qui tiraient n'étaient pas des civils mais des soldats francais, en petit nombre d'ailleurs, qui occupaient la hauteur au-dessus de Neffe, sur la rive opposée.

C'est ce que redit aussi avec insistance M. Bourdon, le greffier; obligé, sous peine de mort, de traverser la Meuse, pour faire cesser le feu qui venait de la rive opposée, il affrma d son retour que les civils étaient innocents. Son dévouement ne lui sauva pas la vie, pas plus qu'a son épouse et a ses enfants.

Qu'on note bien ce détail, qu'on se l imprime avec soin dans 1'esprit : tous les coups de feu part. ai ent de mains légitimement arme'es.

Les officiers allemands, eux aussi, s'en rendaient bien compte : "Si les Francais tirent encore, vous y passerez tous! „ dit 1'un deux a un groupe des deux sexes, prés de la brasserie d'Anseremme.

Et 1'officier même qui a ordonné cette fusillade, barbare entre toutes, avait, peu d'instant avant 1'exécution, tenu aux victimes le langage suivant : " Vous tous, francs-tireurs et autres, vous avez tiré sur nos soldats. Si les Francais tirent encore une seule fois, tous sans exception, hommes, femmes et enfants, tous vous serez tués. „

On s'est donc vengé sur les habitants de Leffe du feu des Francais tirant des collines d'en face. Quant aux prétendus abus de la Croix Rouge, qui servirent de prétexte a la fusillade du mur Tschoffen, ils n'ont jamais existé, mais les Allemands étaient exaspérés par le tir des Francais qui venait de 1'autre rive. II en est de même pour la fusillade du Rocher Bayard. Les rapports allemands le confirment implicitement.

" Le feu de 1'infanterie ennemie de la rive gauche était trés faible, .. dit le rapport des pionniers Cl).

Alors commenga le feu ennemi de 1'autre rive, écrit le major Steinhoff (2), et, en même temps, j'entendis quelques courtes salves dans mon voisinage immédiat. Je retournai sur mes pas et je vis un monceau de cadavres a 1'endroit oü se tenaient les hommes prisonniers. „

On n'a plus qu'a rapprocher ces déclarations de la harangue de 1'exécuteur !

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Le cruel auteur de la sanglante tuerie de Charrau, a Neffe, est, dit le Livre Blanc, le major von Zeschau, du 101medes grenadiers.

Celui-ci en fait un récit (3) qui relate exactement 1'itinéraire

(1) Annexe 39, p. 177.

(2) Annexe 48, p. 187.

(3) Annexe 40, p. 178.

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