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une idéé par le témoignage des survivarits. II faut le récit de témoins oculaires pour comprendre quelles étaient la fureur, la soif de sang qui animaient certains groupes de soldats, affreusement excités contre les civils. D'autres, par des mises en scène terrifiantes, jetaient leurs prisonniers dans des transes mortelles ; ils se livraient a des simulacres de fusillade, faisaient entendre le cliquetis des armes, tiraient en 1'air, puis disaient que c'étaient des francs-tireurs. Des vieillards, des infirmes, des femmes et des enfants sont ^restés ainsi, pendant des heures, sous la menace de la mort. Le lundi dans 1'après-midi, un cadavre allemand a été plusieurs fois placé et déplacé, pour pouvoir dire a des groupes successifs de civils : " Voila votre oeuvre ! „

Les soldats déversaient sur les prisonniers, sans distinction de sexe ou de condition, un flot incessant d'injures : " Avancez, bestiaux humains ! „ criait un officier aux pauvres habitants de Neffe.

Les journées d'.emprisonnement furent aussi bien douloureuses. On y souffrit la faim, la soif et on y subit 1'intimidation sous toutes ses formes. Des milliers de malheureux pleuraient des deuils cruels et étaient sans pain, sans abri. A 1'heure présente encore, est-il rien de plus navrant que le spectacle de milliers d'habitants logés soit dans les ruines mêmes, soit dans de pauvres abris ?

Une autre page éinouvante fut le douloureux exil des quatre cent et quinze prisonniers de Cassel. Ils furent pleurés longtemps comme des victimes.

Notons, enfin, la détention, a Marche, de trente-quatre firêtres et religieux auxquels 1'autorité allemande exprima tardivement des regrets pour les traitements infligés et remit une attestation d'innocence.

Toutes les families de Dinant, même celles qui ne comptent pas de victimes, ont été cruellement éprouvées en ces journées affreuses. *

Et si vous doutez de nos paroles ou si vous les croyez exagérées, allez a Dinant et interrogez les survivants ; vous serez alors éclairés sur 1'horrible tragédie.

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Pour qui connait les scènes de cruauté que nous n'avons encore que trés incomplétement esquissées, rien n'est pénible et même révoltant comme 1'insistance du Livre Blanc a vanter la clémence des soldats allemands vis-a-vis de la population civile.

Interrogés spécialement sur ce point a 1'enquête, les chefs déposants affirment unanimement qu'" ils n'ont pas connaissance que leurs soldats aient commis des cruautés. „ Certains vont plus oin ; ils en font des prodiges de douceur. " Les habitants de Leffe, écrivent-ils, ont été bien traités ; quand leurs provisions

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