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j. J. R O ü s s E a ET. 555

Ie plus grand avantage de la Suiflë, avantage que fts habitans regardent peut-être comme un malheur, mais qu'elle tient d'elle feule, que rien nsr peut lui öter, qui malgré eux contient ou retarde ïe progrès du luxe éi des mauvaifes mceurs, & qUj réparera toujours a la longue 1'étonnante déperditiou d'hommes qu'elle fait dans les pays étrangers.

VoilX Ie bien; voici le mal amené par ca bien même. Quand les SuilTes, qui jadis vivant renfermés dans leurs montagnes fuffifoient a euxmêmes, ont commencé a communfquer avec d'autres nations, ils ont pris goüt a leur maniere de vivre & ont voulu 1'imiter; ils fe font appercua que 1'argent étoit une bonne chofe & ils ont voulu en avoir; fans produftions & fans induftrie pour 1'attirer, ils fe font mis en commerce eux-roemes, ils fe font vendus en détail aux puiffances, ils ont acquis par-Ia précifément affez d'argent pour fertir qu'ils étoient pauvres; les moyens de le faire eirculer étant prefque impoffibles dans un pays qui ne produit rien & qui n'eft pas mar'itime , cec argent leur a porté de nouveaux befoins fans augmenter leurs reffources. Ainfi leurs premières aliénations de troupes les ont forcés d'en faire de pius grandes & de continuer toujours. La vie étant devenue plus dévorante, le même pays n'a pms pu rourrir la même qumtité d'hab tans. C'eit k raifon de Ia dépopulation que 1'on commerce a fentir dans toute la Smffe. Ede riourriflbit fis nombieux habitans quand ils ne fortoient pas ès> G 6

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