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p'EsT EVANIL L E. 2$ chambre, qae 1'heure du diner arriva. J« defcendis dans la falie oü j'avois foupé le foir précédent. Tous les penfionnaires s'y rendirent auffi , & chacun fe mit a table. Quoique ]e m'attendiue a un repas t'rès-frugalj les mets qU'on nous fervit furpafsèrc-it mon attente. On nous régala premièrement d'une foupe parei'le a celle qu on a coutume de donner aux chiens de chaffe pour leur conferver le nez. Le bouillon en étoit tout clair , & 1'on y voyoit floter des croutes de pain moifi. Chaque écolier en avoit devant lui une écuellée dont il fe bouroit i'eftomac avec un appétit que j'admirois. Et moi-méme, quoique je n'euffe point encore taté de la vache enragée , je ne laifTai pas de vuider mort écuclle. Je me fentis tellement raffafié de ce bon potage de fanté, que je ne pus achever la portion qui me vint enfuite. C'étoit pourtant un petit plat des plus friands , un hachis de pieds de chèvres oü 1'on avoit, je crois, mh jufqu'a la corne, tant il croquoit fous les dents. Pour les autres penfionnaires, qu'une éternelle faim confumoit, ils fe jettèrent avec tant d'avidité fur la fricalfée, qu'ils la firent difparokre en un clin d'ceil.

Après ce repas , qui fans- contredït ne fut pas le plus déteftable qu'on eüt fait chez le docleur Canizarez, je fortis pour aller dans la

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