is toegevoegd aan uw favorieten.

Histoire d'Estevanille Gonzalez, surnommé Le garçon de bonne humeur.

Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

444 Histqire

fit d'abord que des progrès très-Ients; maïs comme ma liberté dêpendoit de réuffir dans mon entreprife, je ne. me rebutai point; au contraire, je me donnai tant de peine, qua force de lui rebatre la même chofe, je parvins ïnfenfiblement a lui rendre mes lecons utiles.

Je lui appris a chanter méthodiquement, & a jouer affez bien de la guittare. Ce qui ne laiffa pas d'être 1'ouvrage de quatre années entières, encore ne pus-je pas faire de lui un élève parfait. Heureufement fon père, qui n'étoit pas un fin connoiifeur , s'imaginant que j'en avois fait un habile muficien, m'en félicitoit tous les jours, fans pourtant me parler de me remettre en liberté. Mes jours, a bon compte, s'écouloient dans 1'efclavage; & je crois que j'y aurois paffé bien du tems encore, s'il ne fut point arrivé dans la maifon du corfaire un événement que vous n'entendrez pas fans plaifir.

Pegelin avoit chez lui une jeune captive grenadine , appelée Zeinabi, qu'il avoit enlevée dans une de fes courfes, & dont il étoit idohbtre. II la tenoit enfermée dans un appartement oü perfonne que lui n'entroit. Ilpalfoit les jours entiers a lui donner des marqués de fa paffion, lorfqu'elle tomba malade. On fit aulïitöt venir les plus habiles médecins de la ville, qui, n'ayant feit pour la guérir qu'épuifer- inutilement.