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Si6 HlSTOIRE

Cependant il n'étoit rien moins que ce qu'il paroiffoit; & le petit traïtre levant bientót le mafque, nous fit voir que nousjugeons quelquefois fort mal des hommes que nous croyons vertueux. Don Gabriel forma le deffein de m'enlever, & prit fi bien fon tems & fes mefures, qu'il 1'exécuta fans peine un foir que je m'en retournois toute feule a la ferme, ce qui m'arrivoit rarement; mais ce qui, pour mon malheur, djvoit m'arriver ce foir-la. Trois ou quatre hommes vinrent a 1'improvifte me prendre entre leurs bras, & me portèrent en un inftant a bord d'un batiment qui attendoit mes raviffeurs fur la rive du Golfe, & qui mit auffitót a la voile.

Je m'étois évanouie de frayeur dès que ces hommes s'étoient faifis de moi, & mon évanouhTement fut de longue durée. Je repris pourtant mes efprits; & parcourant alors des yeux tous les vifages qui m'environnoient, je démêlai cejui de don Gabriel de Gineftar, qui, pour prévenir mes reproches, ou du moins les rendre un peu moins aigres, me dit d'un air foumis & refpedueux: charmante Inéfille, vous avez fujet, je 1'avoue, de vous plaindre de moi, ou plutöt de me regarder comme un monftre; mais fi , fufpendant votre jufre colère , vous voulez m'écouter de fang - froid un moment, vous ne trouverez pas mon crime indigne de

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