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Lettres sur les dangers de changer la constitution primitive d'un gouvernement public. Ecrites à un patriote hollandois.

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SECONDE LETTRE.

fieurs, qui jugeront le Roi, feront-ils alTujettis a la même comptabilité, ou feront-ils au-delTus des Loix? Pouflèz ces réflexions, & les abfurdités s'accumuleront a mefure que vous paflèrez aux conféquences.

Je fuis trés éloigné de vouloir cenfurer 1'ouvrage d'un homme, tel que Lycurgue nous eft reprefenté dans 1'hiftoire. Je dirois volontiers avec Mr. Millot p. 150.

„ Pour juger du plan de Lycurgue, il faut fe „ • transporter dans fonfiécle: il voyoit, au milieu des „ troubles de la Gréce, fa Patrie affoiblie par elle„ même,- agitée de faclions; pleine de desordres, „ expofée aux entreprifes de fes voifins. II voulut „ former une République guerriere, invincible, k

1'abri des malheurs, qu'entraine la corruption au„ dedans & de ceux qu'aménent les attaques du dé„ hors.' Projet certainement admirable & mieux „ exécuté qu'aucun autre plan de Législation." Je fuis, dis-je , trés éloigné , de m'ériger en juge fur le plan de Lycurgue: je ne prétends pas non plus que mes idéés prevalent fur le crédit, que 1'opinion générale peut avoir fur vous, Monfieur. Cependant je puis ( ce me femble ) fans Heffer les égards dus, foit perfonnellement k ce célébre Politique de 1'antiquité , foit au jugement que des hommes éclairés ont porté de fon ouvrage, bien rapeller a votre fouvenir, que les effets n'ont pas repondu aux desfeins & aux vues qu'on lui prête, ou qu'on fuppofe avoir été le motif qui lui a fait adopter la forme de gouvernement, k laquelle il a donné la préférence. Car ce n'eft pas ici le cas, oü 1'on puiftè dire careat fucceffibus opto &c? Quand les circonftances demandent une réfolution prompte dans le moment qu'il faut agir, quand il faut fe remuer, quand il faut prendre fon parti, Pévénement ne doit pas faire

ap-