is toegevoegd aan uw favorieten.

Lettres sur les dangers de changer la constitution primitive d'un gouvernement public. Ecrites à un patriote hollandois.

Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

226 CINQUIE ME LETTRE.

perfide, qui lui étoient propres, & que la législation de Lycurgue avoit encore augmenté. Pourfuivez l'hiftoire de ces deux peuples, jusques au tems, que les Romains vinrent fubjuguer la Gréce, & même jusques a celui, que les Turcs vinrent la devafter, & vous y remarquerez , Monfieur, un declin progreflif de toutes ces qualités morales, que nous nommons bonnes moeurs & vertus fociales. Suivez en particulier ces Ambafladeurs Grecs, envoyés a Rome pour y foumettre la décifion de leurs démélés au Senat Romain; & voyez, Monfieur, fi la fituation de ces Peuples , avant la légifiation de Lycurgue, & avant celle de Solon , & dans le tems de leur confédération amphyctyonique n'étoit pas en tout fens préférable a celle, qui a fuccédé aux prétendues reformes de leur gouvernement. Du moins, vous pourrez y remarquer, que c'eft durant le tems, que la conftitution primitive de i ces deux Etats s'eft confervée , que leur population & leurs forces ont eu leurs plus grands accroisfémens, & que c'eft après les atteintes portées a ; fon gouvernement, qu'elles font déchues. C'eft la un fait, attefté par 1'hiftoire; & fi évidemment prouvé par les événemens , qu'on ne fuuroit le revoquer en doute.

On dit & on repète, que c'eft a la dépravatioh ' des moeurs, qu'il faut attribuerla chüte de ces deux Républiques. Soit. Mais qu'on me permette de de- j mander, a quoi attribuer cette dégradation dans les • moeurs? Ne fut-elle pas une fuite de la dépravarion du gouvernement ? de cette liberté fi vantée , qu'on a cru ne pouvoir trouver, qu'en detruifant la : conftitution primitive de Fadminiftration publique? Comment, je vous prie, les bonnes moeurs & le j vertus fociales pouvoient-elles fe conferver parmis ks individus , fous une adminiftration publique, qui I donnoit 1'exemple de la fraude, de Fingratitude,

de I