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SUR LA B 1 È C li 29

?efte plus qu'un peu d'eau & de pain noir aufll dur qua la pierre; mais la vue de Rbodes, dont nous découvrons les montagnes , nous eonfole. Si le vent ne change pas, nous y ferons mouillés demain imtin, & la nous trouverons de quoi fatisfaire nos befoins preiTans.

Quel nouveau fpe&acle s'ofFre a nos regards! Quelle multitude innombrable de cignes & de grues naviguent fur les eaux! Ils font rangés par files, comme des foldats en ordre de bataille. Chacune de ces files a plus d'un quart de lieue da long , & nous en avons compté trente voguant parallélement. La tête de cette armée fe termina en pointe & forme comme la proue d'un vaiffeau. Tous gardent leurs poftes, malgré le mouvemeu des vagues qui les élèvent & les abaiffent tour-atour. Ils en fuivent 1'impulfion, & paroiifent balancés fur le dos de la plaine liquide; leur plumare d'une blancheur éblouiffante, contrafte admirablement avec Ie verd tranfparent des eaux. Plus 1 jin voici encore une nouvelle troupe femblablement difpofée, tous ont la tête tournée vers l'Afriqu», oü ils voguent de concert.

Ces oifeaux, chafTés par les neiges & les glacés dunord, defcendent, aux approches de 1'biver dans des climats plus doux. Ils gagnent d'abord la mer Noire, oü ils trouvent de la nourriture. Lorfque le froid commence a s'y faire fentir, ils partent avec le vent de nord, traverfent 1'Afie mineure & viennent fe repofer fur les bords d* B 3

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