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O A ï C E ï E V S E S. fj ï

Si je 1'étoisen efFet; fije n'avois pour vous qu'un gout ordinaire, que ce goüt léger, enfant de la féduction 6c du plaifir, qu'aujourd'hui pourtant on nomme amour, je me haterois de tirer avantage de tout ce que je pourrois obtenir. Peu délicat fur les moyens, pourvu qu'ils me procuraffent le fuccès , j'encouragerois votre franchife pair le befoin de vous devir.er; je defirerois votre confiance , dan» le deffein de la trahir; j'accepterois votre amitié, dans 1'efpoir de Pégarer .... Quoi Madame, ce tableau vous effraie ? ... . hé bien! il feroit pourtant tracé d'après moi, fi je vous difois que je confens a n'être que votre ami. ...

Qui, moi! je confentirois a partager avec quelqu'un un fentiment émané de votre ame ? Si jamais je vous le dis, ne me croyez plus. De ce moment je chercherai a vous tromper, je pourrai vous defirer encore , mais a-coupftir je ne vous aimerai plus.

Ce n'eft pas que 1'aimable franchife', la douce confiance, la fenfible amitié, foient fans prix a mes yeux Mais 1'amour ! 1'amour véritable , & tel que vous Pinfpirez, en réuniffant tous ces fentimens, en leur donnant plus dcnergie , ne fauroit fe prêter , comme eux, a cette tranquillité, a cette froideür de 1'ame, qui permet des comparaifons , qui fouffre même des préférences. Non , Madame, je ne ferai point votre arai; je vous aimerai

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