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fuffiront avec le temps pour valoir du moins une éducation précieufe £ fon fils.

La fuppofition dont on partira , c'eft que le Francois eft la langue dont 1'étude doit précéder aujourdhui pour toutes les nations 1'étude des langues anciennes même. Le Francois nepeut que fervir de pont aux habitans du Nord pour les langues favantes; & quant a ceux du Midy, le Francois ne peut encore que leur fervir de clef. On a defiein par fuite de faire connoitre aux enfans cette langue moderne avant toute autre; ce qui ne veut pas dire qu'on prétende leur en faire dévorer la grammaire , mais bien qu'on fe propofe de leur en faire goüter les auteurs. L'ufage , a dit un écrivain diftingué, eft le tyran des langues: je crois qu'il en eft au moins le meilleur maitre. On he fait aucune langue mieux que la fienne, quoiqu'on ne 1'ait jamais apprife. Peres & inftituteurs, quand vous voudrez que vos enfans en apprennent facilement une autre, parlez donc & n'enfeignez pas!

N'écrivant point, encore une fois, pour tout enfant dont les grammaires ont obftrué 1'efprit & fait avorter la raifon; * mais fuppofant comme il en exifte beaucoup en Angleterre, en Hollande, óc en Allemagne, des enfans qui ont appris le Francois par 1'ufage; fachant bien que pour ce qui eft des enfans en France, ils ne 1'ont point appris autrement pendant leurs premières années, j'entens les faire marcher de fuite. Les uns & les autres favent le Francois, mais ne le favent pus bién. Les uns & les autres comprennent le Francois, mais ils ne le fentent nullement. C'eft donc

* Quoique ;e croie cette étude une des plus intéreflantes & des plus fubliiaes mêtne, a la quelle on puiffe fe livrer, dans 1'age mür.

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