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28 Les Liaisons

le mien. Infenfé ! je regrettois vingt-quatre heures que jefacrifiois a des égards d'ufagé. Combien on me puniroit, en me forcant de retourner a Paris! Heureufement, il faut être quatre pour jouer au wisk; 8c, comme il n'y a ici que le Curé du lieu, mon éternelle tante m'a beaucoup preffé de lui facrifier quelques jours. Vous devinez que j'ai confenti. Vous n'imaginez pas combien elle me cajolle depuis ce moment, combien fur-tout elle eft édifiée de me voir réguliérement a fes Prieres & a fa MelTe. Elle ne fe doute pas de la Divinité que j'y adore.

Me voila donc , depuis quatre jours, livré a une paflion forte. Vous favez fi je defire vivement, fi je dévore les obftacles : mais ce que vous ignorez, c'eft combien la folitude ajoute a 1'ardeur du defir. Je n'ai plus qu'une idéé : j'y penfe le jour & j'y rêve la nuit. J'ai bien befoin d'avoir cette femme, pour me fauver du ridicule d'en être amoureux : car ou ne mene pas un defir contrarié? O délicieufe jouiftance ! je t'implore pour mon bonheur '& fur-tout pour mon repos. Que nous fommes heureux que les femmes fe défendent fi mal! nous ne ferions auprès d'eiles que de ti-

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