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i?4 La P r i n c e s s e

bien auffi; elle comprenoit que rien ne pouvoit lui faire un plus fenfibie plaifir que d'avoir la pomme qui chante.

Elle foupira long-tems , puis elle fe prit a pleurer. Petit-Soleil revenoit de la chaffe, il entendit du bruit dans le temple, il y entra, & vit la princeffe qui fe couvroit le vifage de fon voile, paree qu'elle étoit honteufe d'avoir les yeux touï humides ; il avoit déja remarqué fes larmes, & s'approchant d'elle, il la conjura inftamment de lui direpourquoi elle pleuroit. Elle s'en défendit, répliquant qu'elle en avoit honte elle-même; mais plus elle lui refufoit fon fecret, plus il avoit envie de Ie favoir.

Enfin elle lui dit que la même vieille qui lui avoit confeillé d'envoyer a la conquête de 1'eau qui danfe, venoit de lui dire que la pomme qui chante étoit encore plus merveilleufe , paree qu'elle donnoit tant d'efprit, qu'on devenoitune efpèce de prodige! qu'a la vérité elle auroit donné la moitié de fa vie pour une telle pomme, mais qu'elle craignoit qu'il n'y eüt trop de danger a 1'aller chercher. Vous n'aurez pas peur pour moi,' je vous en affure , lui dit fon frère en fouriant, car je ne me trouve aucune envie de vous rendre ce bon office j hé quoi! n'avez-vous pas affez d'efprit ? Venez, venez ma fceur, continua-t-il, §£ celfez de vous anliger.

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