Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

E R. R A N S. 2-3 5

drefle fi violente , qu'elle avoit réfolu de 1'attirer dans fon iilej que 1'occafion du tournois lui avoit paru favorable j & qu'elle nous avoit envoyé ce bateau fatal, qui nous avoit conduit dans fon palais.

Cependant le prince charmé des bontés de la fée , pafloit les plus heureux momens du monde'. Rien ne s'oppofoit a fes défirs , tout le prévenoit , & la fée , par mille divertifWns nouveaux, lamufoit agréablement. Tantbt dans de petits chars d'ébène trainés par des hcornes plus blanches que la neige , ces deux amans accompagnés de nymphes parées d'habits galans , alloient fe promener fur le bord de la mer , & les poilTons de ce terrible élément fe venoiest rendre dans les filets que le prince leur tendoit , forcés d'obéir aux enchantemens de Défirée. D'autrefois montés fur des che. vaux, dont la légèreté égaloif celle des daims, ils couroient après les bêtes les plus cruelles , qui fans pouvoir éviter le trait fatal ^ qu'Elmedor leur lancoit , venoient tomber a fes piés. Enfin , goütant des plaifirs plus tranquilles , ils s'amufoient * voir danfer les nymphes & les faunes fur une herbe frakhe & parfemée de fleurs; mais plus fouvent encore , contens de s'exphquer leur tendrefle, fans autres témoins que leur amour, ils palToient les journées entières dans les endroits

Sluiten