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CoNtES Persan s. 347

fie vous rende lobje: des ardeurs d'une jeuneffè infolenre. Pourrois-je , foible & caduc comme je fuis, vous préferver de leurs emportemens ? D'ailleurs votre fubliftan.ee eft mal alfurée. Dans un age aufh tendre que le vócre, vous n'êtes guère en état de vous la procurer. De plus, le peu d'argent que j'avois s'eft: prefque confuméj ici tout nous manque. Faites y réflexion, belle Cadige, & fouffrez que je vous conduife a la ville oü je fais mon féjour ordinaire. Vous aurez dans ma maifon toutes chofes en abondance, 8c vous y ferez rnaïtrelfe de mes biens 8c de ma deftinée.

Quand le vieillard eut ceffé de parler, il demeura fort inquiet de la réponfe de la fille, & ce n'étoit pas fans raifon qu'il fe déficit d'un efprit fi rebelle. Comme elle ne répondoit rien, & qu'elle paroilfoit plus occupée de la perte de fa fceur , que du foin de prolonger fa vie, il fut obligé de lui repréfenter de nouveau tout ce qui devoit la déterminer a prendre le parti qu'il lui propofoit, & il défefpéra vingt fois de la réduire. II y réuffit pourtant : elle confentit a le fuivre oü il lui plairoit de la mener. Les voila donc en chemin; mais avant que de s'éloigner de la chaumière, le vieillard écrivit avec du charbon fur la porte, 1'endroit oü il conduifoit Cadige; afin que fi Fatime revenoit, elle put apprendre des nouvelles de fa fceur. Enfuite ils fermnent la porte,

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