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Les contes des génies, ou Les charmantes leçons d'Horam, fils d'Asmar.

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174 Les Contes

puïr du fpeciacle qui 1'enchantoit. Son imagination Ie flattoit mieux que les Grands de fa Cour.

En un moment, fon efprit fut rempli de la haute idéé de tant de magnificence. Ses yeux erroient de cóté & d'autre avec une douce complaifance. II entreprit de ccmpter les troupeaux qui paiffoient fur les bords de la rivière Abuiour* Ce fut en vain. Leur nombre étoit fi grand qu'il mit plufieurs heures a parcpurir des yeux un petit coin de la vafte étendue qu'il voyoit, fans pouvoir compter les troupeaux qui le couvroient. Cette épreuve le charma.

u Mais , difoit le Monarque avec dépit, 11 qu'eft-ce pour moi que cette pompe & cette » grandeur, fi mes Courtifans ne font pas rem» plis de la vafte idéé de la magnificence de Ti leur Maitre ? Voila des objets propres a ii varier pendant mille ans les penfées & les wjufteslouangesde mes Vifirs, & cependant ii ils ne font que me répéter chaque jour ce ii qu'ils m'ont dit la veille. Ames retrécies f ii Ils ne voient rien de la gloire qui les envijj ronne. Ils ne font pas dignes d'approcher de