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Le rôdeur.

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Le Ródeur. 117

aux jeunes gens vifs, fpirituels & hardis ; a tous ceux qui ie hatent d'exécuter leurs projets, & qui font part de leurs opinions a tout le monde, qui ne comptent point ce que les plaifirs leur coütent, & qui n'envifagent point les fuites des a&ions qui leur en procurent.

J'entrai de bonne heure dans le monde, avec 1'ambition de pafler pour avoir de 1'efprit. Je ne fis aucun cas de 1'argent, paree que voyant quantité de fots qui s'enrichiflbient, je crus pouvoir amafler du bien lorfqu'il me plairoit. Je le regardai donc comme un acceffoire qu'il me feroit aifé de me procurer, lorfque j'aurois fatisfait le defir que j'avois de pafler pour un génie univerfel.

Je réglai la-deflus ma conduite en public, & mes études en mon particulier. Je partageai ma vie entre le foin d'amafler des fujets pour amufer ma compagnie, & celui d'en choifir une qui me convint; car je reconnus bientót que 1'efprit a fes bornes, comme toutes les autres facultés, que fes fuccès dépendent de 1'impreflion qu'il fait fur autrui, & que comme ily a