Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

fur VEdutation. %i une amitié fi tendre, des fouvenirs fi doux, qu'on ne peut ni regretter 1'amour, ni defirer de 1'éprouver encore. Avec cette opinion, non-feulement mon éleve n'aimera pas deux obiets a la fois , mais il n'aimera pas deux fois dans fa vie. II fera difficile & délicat fur le choix, & s'attachera pour ne jamais changer. Puifque 1'amour eft pour nous une illufion néceffaire durant notre jeuneffe, 1'inftituteur doit donc chercher a faire fervir ce fentiment au bonheur & a la gloire de fon éleve. Une fantaifie peut être affez vive pour nous égarer, nous avilir, nous perdre; une paffion peut nous porter aux grandes chofes. L'une fera faire des extravagances, desfacrificesde premier mouvement; 1'autre peut feule engager aux actions qui demandent de la perfévérance. Celle qui dit a fon amant : Soyez deux ans fans parler, & qui fut obéie, cette femme pouvoit fe flatter d'infpirer une paffion, & non une fantaifie. Et en effet, que ne doit-on pas attendre d'un fentiment dont nous ne fommes fufceptibles que dans la force de 1'age; d'un fentiment produit par une imagination exaltée, & que 1'eftime & 1'amitié doivent rendre auffi doux, aufli folide que violent? Je fais bien qu'on peut aimer pafïionnément un objet: méprifable ; mais ce malheur n'arrive qu'aux gens foibles, bornés, ou méprifables eux-mêmes , ou qui enfin s'abufent fur leur choix. II eft donc important qu'un jeune homme B iv

Sluiten