Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

( 357 )

poflible de Parrêter, ne fe trouvant pas affez de force pour foutenir de feconds adieux, ni les plaifanteries de Milady, eut recours è la fuite; & prenant un parafol, elle gagna le pare, oü pour dérouter ceux qui pourroient avoir envie de la fuivre, elle dirigea fes pas vers un bois touffu & peu fréquenté; elle ne s'arrêta que lorfqu'elle fe trouva a plus de deux milles du chateau. Fidele, qui ne manquoit jamais alors de 1'accompagner, courut a fes cótés; & lorfqu'elle fe crut affez éloignée pour être en füreté, elle s'affit fous un arbre, & careffant ce pauvre animal, elle foulagea fa propre douleur en le plaignant d'avoir perdu fon mattre; n'ayant plus alors fa dignité a foutenir, ni des regards a éviter, elle donna un libre cours a fes larmes.

Elle avoit rencontré le feul homme auquel elle eüt voulu unir fon fort, celui dont la tournure d'efprit, fi femblable a Ia fienne, lui promettoit les jours les plus heureux. Son penetrant s'étoit involontairement décidé pour cet objet; il avoit été fecondé par 1'eflime; elle n'avoit rien trouvé qui püt lui faire foupconner que ce choix eüt des inconvénients , ou qu'il püt être blamé : elle s'étoit affurée de la réciprocité des fentiments qu'elle éprouvoit. II eft vrai que fa naiffance étoit un peu inférieure; elle n'avoit cependant rien de vil; fes inclinations, fon éducation & fon caraclere étoient

Sluiten