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Histoire de Guzman d'Alfarache.

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notre familie, tant pour ma fatisfaftio» , que pour celle de ma mere qui m'en avoit . chargé.

Ces derniers mots donnerent occafion au bon-homme Dom Bertrand de me demander des nouvelles de ma mere & de fes enfants. Je répondis que j'étois fon fils unique, & peu s'en fallut que par inadvertance^, il ne m'échappat de dire que j'avois deux peres ; mais je retinsma langue, & fis un trés-bel éloge de ma mere, compofé de contre-vérités. Mon oncle, impatient de me conter ce que je favois auffi-bien que lui, m'interrompit en me difant : Mon neveu, il faut que je vous détaille une aventure qui nous arriva il y a fix ou fept ans. II parut dans Gênes un petit frippon prefque nud. II couroit les rues en difant a tous ceux qui vouloient 1'entendre qu'il étoit fils de votre pere; & ce gueux qui avoit bien l'air de ce qu'il étoit, fe flattoit que quelqu'un de nos parents feroit affez crédule pour Ie croire fur fa parole, & affez bon pour avoir pitié de fa mifere. Je Ie cherchai dans 1'intention de nous venger tous du déshonneur qu'il nous faifoit, &c j'eus le bonheur de le rencontrer. Je l'attirai chez moi par desparolesdouces, &furtout par la promeffe que je lui fis de lui donner dès Ie Iendemain la connoiffance