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pourtant le grand re'ceptacle de cette forte de fcience; & la préeminence qu'elle doit avoir fur ,t les organes de la voix" peut fe prouver par un autre argument, auffi tiré de la nature: favoir, que quand nous fommes une fois parvenus a comprendre une Langue e'trangère par 1'Ouie, & a la parler, nous perdons bientót, faute de pratique, la faculté de parler; mais prefque jamais, ou au moins beaucoup plus tard , celle de comprendre : & cette faculté de nous exprimer, dépend de 1'autre au point, que nous pouvons Ia recouvrer prefque k volonté, par la converfation.

Mais, fi on demande, pourquoi un mot qui frappe notre oreille, excite dans notre IntelkcT; une certaine idéé, au lieu de produire un iimple fon; & comment les fons peuvent agir fur 1'ame, & y faire naitre tant de différentes notions ? . . . Nous devons, a eet égard, avouer notre ignorance abfolue; & admirer dans le filence ces rapports merveilleux établis par le Créateur, & a la compréhenfion defquels 1'efprit humain ne fauroit atteindre.

Quant a „ la fcience des mots", elle eft de Ia plus grande conféquence pour acquérir 1'Art des parler: puifque les mots font aux Langues, ce que les pierres font aux maifons. En vain 1'Architedte 8e le Macon connoitroient-ils les régies de leur art; s'ils n'avoient point les matériaux, ce ne feroit plus qu'une théorie vaine & inutile. En vain connoitroit-on a fond le Syftême des Langues, & fauroit-on toutes les rèeles & les obfer-

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