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P E R S A' N E S. I^I 8 ceux a qui le Ciel a donné de grands talens, qué peut-ón dire de ces infeftes qui ofent faire paroïtre un orgueil qui déshonoreroit les plus grands hommes ? Je vois de tous cötés des gens qui parient fans ceffe d'eux-mêmes : leurs converfations font un miroir qui préfente toujours leur impertinente figure: ils vous parleront des moindres chofes qui leur font arrivées, & ils veulent que 1'intérêt qu'ils y prennent, les groiTiffe k vos yeux. Ils ont tout fait, tont vu , tout dit, tout penfé : ils font un modele univerfel, un fujet de comparaifons inépuifable, une fource d'exempies qui ne tarit jamais. Oh! que la louange eft fade, lorfqu'elle réfléchit vers le lieu d'oü elle part!

H y a quelques jours qu'un homme de ce caractere nous accabla, pendant deux heitres, de lui , de fon mérite & de fes talens: mais, comme il n'y a point de mouvement perpétuel dans le monde, il ceffa de parler. La converfation nous revint donc, & nous la primes.

Un homme qui paroiffoit affez chagrin , comtnenca par fe plaindre de 1'ennui répandu dans les converfations. Quoi! toujours des fots qui fe peignent G iv

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