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Le cabinet des fées, ou Collection choisie des contes des fées

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246 Faeles it Contes pies, tout ce que les rois n'apprennent jamais d'une foule de flateurs qui les environne. De tems en tems il rioit de la naïveté de cet enfant , qui ne ménagoit rien dans fes réponfes, C'étoit une grande nouveauté pour le roi que d'entendre parler fi naturellement. II fit figne au courtifan qui 1'accompagnoit, de ne point découvrir qu'il étoit le roi ; car il craignoit qu'Alibée ne perdït en un moment toute fa liberté & toutes fes graces , s'il venoit a favoir devant qui il parloit. Je vois bien , difoit le prince au courtifan , que la nature n'eft pas moins belle dans les plus baffes conditions que dans les plus hautes. Jamais enfant de roi n'a paru mieux né que celui-ci qui garde les raoutons. Je me trouverois trop heureux d'avoir un fils auffi beau , auffi fenfé , & auffi aimable. II me paroït propre a tout; & fi on a foin de 3'inftruire , ce fera aflurément un jour un grand homme. Je veux le faire élever auprès de moi. Le roi emmena AHbée , qui fut bien furpris d'apprendre a qui il s'étoit rendu fi agréable. On lui fit apprendre a lire , a écrire, a chanter, & enfuite on lui donna des maïtres pour les arts & pour les fciences qui ornent 1'efprit. D'abord il fut un peu ébloui de la cour ; & fon grand changement de fortune changea un peu fon cceur. Son age & fa faveur joints en-